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BRIFF 2022

Critique : Krump

par 

- Cédric Bourgeois livre un premier long oscillant entre la comédie noire et le polar nihiliste, suivant les aventures bancales d’une petite pègre pas taillée pour le crime

Critique : Krump
Jean-Benoît Ugeux dans Krump

Frank, aka Ronald Krump, a connu des jours meilleurs. Dans sa jeunesse, il était star du porno. Pas de quoi s’acheter une respectabilité, mais certainement de quoi payer son loyer, et subvenir aux besoins de sa famille. Malheureusement, un accident du travail a mis fin à cette carrière florissante, poussant Frank à accumuler les dettes et les fréquentations douteuses, jusqu’au drame, l’enlèvement de sa petite fille de 8 ans. Pour réunir les fonds nécessaires pour payer la rançon, il se tourne vers Bobby, son ancien ami et partenaire de jeu. C’est le début d’une course contre la montre sérieusement foutraque, qui va précipiter la chute de Frank.

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Ce n’est pas parce qu’on a un passé d’acteur qu’on sait jouer les gangsters. Frank enchaîne les bourdes, et on ne peut pas dire que Bobby soit d’une grande aide. Il se tourne alors vers des femmes, plus terre-à-terre, plus efficaces (la mère de sa fille, une ancienne collègue), pour lesquelles la vengeance se mange certes froid, mais qui ne sont pas plus épargnées par la sinistrose ambiante. Car malgré la complicité aussi tendre que maladroite qui unit Frank et sa fille Sophie, et le joli portrait de cette relation que dresse le film en creux, l’ambiance n’est pas à la fête.

La petite pègre que croise les personnages de Krump [+lire aussi :
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, le premier long-métrage de Cédric Bourgeois, présenté en avant-première mondiale au Brussels International Film Festival dans le cadre de la Compétition Nationale, vit de petites magouilles, de coups sans grande envergure. De fait, on ne sait plus trop qui de la société ou de la mafia a l’action la plus dangereuse, finalement. L’humour noir qui infuse le récit se répercute dans l’humeur, sombre, qui préside au destin de Krump et ses acolytes, qui finissent par porter un regard désabusé sur un passé dont ils savent qu’ils ne retrouveront plus l’éclat.

Entamé comme une franche comédie, le film dérive vers une certaine mélancolie, portée notamment par Jean-Benoît Ugeux (comédien vu dans Poissonsexe [+lire aussi :
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, Rien à foutre
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ou SpaceBoy [+lire aussi :
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, également réalisateur des courts métrages Fratres ou La Musique, notamment) qui a co-écrit le scénario, et incarne Frank, et Jean-Jacques Rausin, qui incarne Bobby.

Krump est produit par la société belge Roue Libre Production. Le film est issu des projets soutenus dans le cadre de l’appel à productions légères lancé en 2017 par le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, visant à mettre le pied à l’étrier à des jeunes cinéastes souhaitant passer au long métrage dans des délais raccourcis. En contrepartie d’un budget limité (tournant en général autour de 300.000 euros) et de contraintes de temps, les équipes jouissent d’une totale liberté artistique, d’autant qu’elles ne sont soumises à aucune obligation de diffusion. De ce programme est aussi sorti Fils de Plouc [+lire aussi :
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de Lenny et Harpo Guit, montré à Sundance en 2021, également produit par Roue Libre.

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