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VENISE 2021 Orizzonti

Critique : 107 Mothers

par 

- VENISE 2021 : Peter Kerekes s’intéresse aux mères qui se retrouvent derrière les barreaux, en traversant la frontière entre réalité et fiction si souvent qu’elle finit par ne plus exister

Critique : 107 Mothers

On connaît tous ce sentiment : il n’y a aucun film sur la maternité, et puis d’un coup, la Mostra de Venise en présente deux le même jour. 107 Mothers [+lire aussi :
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de Peter Kerekes, projeté dans la section Orizzonti, n’a évidemment pas l'éclat de Madres paralelas [+lire aussi :
critique
bande-annonce
making of
fiche film
]
d'Almodovar, le film d’ouverture de la compétition (quoiqu'on y voie quelqu'un peindre en rouge les semelles de ses chaussures, pour qu'elles ressemblent un peu à des escarpins de chez Louboutin), mais ça reste un film plaisant à découvrir, malgré le fait qu'il se passe dans un établissement pénitentiaire pour femmes à Odessa, ou peut-être justement pour cela.

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Ce long-métrage, qui a manifestement du mal à choisir sa voie entre l'approche documentaire et la fiction, finit par adopter les deux (bien soutenu par la comédienne professionnelle Maryna Klimova) et trouve de l’humour et de la tendresse dans la pire des situations : ces dames, généralement condamnées pour meurtre, sont ici pour un moment. Entretemps, elles partagent des histoires, apprennent à mieux contrôler leurs émotions et comment donner le change devant un juge – leurs co-détenues étant les seules à savoir ce qu'elles pensent vraiment de la mort avant l'heure de leurs victimes.

Parfois, chose qui semble particulièrement fasciner Kerekes, elles étaient même mariées à ladite victime, jusqu'au jour où elles ont craqué et changé de destin pour toujours. Le truc, c'est que la notion de "crime passionnel", et toute la trajectoire allant de l’amour au meurtre, ont progressivement été déromanticisées ces dernières années, fort heureusement d'ailleurs. Le changement de sexe rend supposément la chose moins aberrante, ce qui n’est probablement pas juste, mais même ce genre d’échange sur les raisons qui ont amené à commettre un tel crime produirait une impression tout à fait différente si les détenus et les gardes étaient de sexe masculin :
"– Pourquoi l’avez-vous tué ?
– Par jalousie.
– Je comprends."

Ça fait un peu drôle, tout en étant terrifiant bien sûr, et ça l'est parfois, mais ces prisonnières racontent les choses telles qu'elles sont. La plupart du temps, elles se tiennent à leur routine quotidienne. Parfois, elles mettent au monde des bébés, même si elles ne pourront les garder que trois ans, après quoi l’orphelinat ou un membre de leur famille viendra les recueillir. Kerekes, ainsi que certains de ses personnages, semble avoir une vision très traditionnelle de ce qui donne tout son sens à la vie d’une femme. C’est la maternité et l’amour, même quand les choses ont très mal tourné. De fait, c'est la femme seule ici qui semble apitoyer le plus, même si elle est dans cette prison en tant qu'employée. Iryna (Iryna Kiryazeva) n’est peut-être pas derrière les barreaux et elle ne met pas au monde un enfant dont elle ne pourra pas vraiment s’occuper, mais elle est célibataire, et voilà tout est dit – y compris pour sa mère, qui n'arrête pas de l’asticoter. En prison ou en dehors, certaines choses ne changent pas assez vite.

107 Mothers est une coproduction entre la Slovaquie, la République tchèque et l'Ukraine qui a réuni les efforts de Punkchart Films, Endorfilm, Radio and Television Slovakia, Peter Kerekes Film, Arthouse Traffic et Hypermarket Film. Les ventes internationales du film sont gérées par Films Boutique.

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(Traduit de l'anglais)

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