email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

LOCARNO 2021 Compétition

Critique : Seis días corrientes

par 

- Neus Ballús accompagne un trio de dépanneurs dans leurs visites à domicile pour découvrir qu’il y a un monde haut en couleurs, merveilleux et amusant, juste là tout près, de l’autre côté de nos murs

Critique : Seis días corrientes
Valero, Pep et Moha dans Seis días corrientes

Ne vous fiez pas au titre : Seis días corrientes [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Neus Ballús
fiche film
]
("six journées ordinaires") de Neus Ballús, en compétition au Festival de Locarno, n’a rien de banal. Au contraire, ce troisième long-métrage par la réalisatrice catalane déborde d’originalité, d’audace et d’envie folle d’expérimenter : avec ses interprètes, avec le langage filmique, avec les situations improvisées, avec la perméabilité de son scénario, avec la spontanéité de ses personnages principaux, avec ce qu’il y a d’extraordinaire dans le quotidien, etc.… C’est un film d’un naturel fluide qui oscille entre documentaire et comédie, tout en s'inondant de surréalisme, et ne laisse pas le cinéma social dans sa version la plus rance (un type de cinéma avec lequel on pourrait a priori, du fait de son sujet, faire l'erreur d'associer ce film) boucher ses canalisations.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Les héros du film sont trois plombiers. Parmi eux se démarque Valero, un bavard invétéré qui ne se tait jamais, pas même sous l'eau, avec des préjugés plein les poches et une ténacité à toute épreuve. Il y a ensuite Pep, un vétéran du métier encore très alerte qui va bientôt prendre sa retraite et se considère lui-même comme un taliban du perfectionnisme professionnel. Le trio fantastique est complété par Moha, un Marocain qui fait sa semaine d'essai comme possible remplaçant du deuxième, et qui cache derrière sa timidité un jeune homme d’une extrême sensibilité.

Ballús, amoureuse jusqu’à la moelle de ses personnages, les a placés dans tout une variété de situations extravagantes dans les six décors qui se succèdent, à la manière d’épisodes, tout au long d'un film qui, bien soutenu par le charisme de ses comédiens, invite à apprendre à connaître son prochain, l'Autre, cet être différent mais tout proche, et à essayer de le comprendre et de l’accepter tel qu'il est.

Pour ce faire, la réalisatrice a fait appel au meilleur outil qui existe pour déboucher les tuyauteries mentales : le sourire. Parce que l’humour fait soudain irruption, comme surviendrait une fuite d’eau, à chacune des visites que font nos artisans dépanneurs dans les différents lieux où on a fait appel à leurs compétences manuelles. Et, sans dévoiler la trame, ces domiciles sont aussi reconnaissable qu'authentiques, pleins de vie et d’expériences, de celles qui alimentent le quotidien de ceux (et des spectateurs) qui savent en tirer le meilleur, le plus enrichissant et le plus propice à susciter l'empathie.

Sur un scénario plus ou moins inspiré de faits réels, écrit par la réalisatrice avec Margarita Melgar (pseudonyme qui abrite en fait deux noms : Montse Ganges et Ana Sanz-Magallón), Seis días corrientes dépeint une humanité proche de nous, pittoresque et magnétique où la rivalité, la jalousie, la séduction, les exigences, le perfectionnisme, l’amitié et les relations de pouvoir vont se faire sentir, tout cela camouflé sous une bonne dose de cet abondant sens de l'humour dont on parlait plus haut.

Seis días corrientes a été produit par Distinto Films et El Kinògraf, sous l'impulsion du Master en documentaire de création de l’Université Pompeu Fabra, avec la participation de Radio Televisión Española, Televisió de Catalunya et Movistar+. Le film arrivera dans les salles espagnoles à l'automne 2021, distribué par Filmax. Ses ventes internationales sont gérées par Beta Cinema.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy