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CANNES 2021

Le Short Film Corner de Cannes est prêt à démarrer

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- CANNES 2021 : Alors que ce rendez-vous cannois du court-métrage s’apprête à commencer, à partir du 12 juillet, Cineuropa passe en revue certains des titres proposés dans sa compétition officielle

Le Short Film Corner de Cannes est prêt à démarrer
Déplacé de Samir Karahoda

Si la sélection des dix films en lice pour la Palme d’or du court-métrage à Cannes en 2021 est éclectique et diverse (voir news), ces films ont certains traits communs. Un grand nombre possède un surréalisme sous-jacent, qui joue avec les codes cinématographiques. Bon nombre d’entre eux explorent l’innocence de la jeunesse et la difficulté de retenir cette innocence. Ils révèlent tous des cinéastes talentueux dont les films risquent bien d’honorer la Croisette dans les années à venir.

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L’un des films les plus attendus est Displaced de Samir Karahoda, dont le premier long-métrage, Në Mes (In Between), avait remporté un énorme succès dans les festivals et avait été nommé au EFA. Le film suit deux joueurs de tennis de table au Kosovo, qui font tout leur possible pour que la pratique de ce sport continue d’exister en dépit de l’indifférence manifeste d’une grande partie de la société. Cette œuvre d’une grande sobriété mêle une certaine mélancolie à un humour subtil. En effet, Karahoda se sert du film pour évoquer l’expérience de l’émigration et le retour dans un foyer à la fois familier et étranger.

Tout aussi sobre, Through the Haze du Portugais Diogo Salgado. Là, le réalisateur renonce aux dialogues alors que deux jeunes garçons jouent en pleine forêt, et que leurs facéties tournent mal. C’est une œuvre envoutante et poétique dans laquelle Salgado crée une atmosphère onirique en explorant les moments les plus sombres de l’enfance et ceux dans lesquels l’innocence commence à s’éclipser. Une autre exploration sombre et irréelle de l’enfance et du lâcher-prise est In the Soil du Danois Casper Kjeldsen. Kjeld se met à creuser un trou dans son jardin, au grand désarroi de sa fille, Karoline. Très vite, son obsession vire au cauchemar, la terre menaçant d’attirer Kjeld encore plus profond, et le film court vers une fin sinistre. Il y a comme un air de David Lynch dans ce film, avec cette domestication ennuyeuse du quotidien derrière lequel on trouve désespoir et noirceur. Kjeldsen parvient à créer ce malaise avec brio en remettant en cause les notions d’héritage et le poids parfois écrasant de l’attente familiale.

Il y a des explorations de l’enfance plus directes dans The Right Words d’Adrian Moyse Dullin et North Pole de Marija Apcevska, qui abordent tous les deux les prémices de l’amour et de la sexualité. Le premier montre Mahdi et sa sœur Kenza dans le bus qui les ramène de l’école. Kenza incite son frère à avouer ses sentiments pour une mystérieuse fille. La situation atteint un point critique avec une fin en demi-teinte. C’est une formidable représentation de la vie des adolescents d’aujourd’hui. Le second s’intéresse à une jeune fille, Margo, qui a l’impression qu’en perdant sa virginité, elle trouvera enfin sa place dans la hiérarchie sociale complexe de son école. Grâce à une excellente interprétation centrale, le film bouscule les conventions typiques de genres et parvient à éviter les clichés tout en racontant une histoire séculaire.

Une autre proposition est la coproduction franco-brésilienne Sidéral de Carlos Segundo. Il y est question d’un couple qui vit près du premier centre de lancement spatial brésilien. Alors qu’ils semblent confortablement installés dans un quotidien sans intérêt, quelqu’un a prévu une autre vie pour eux. C’est une œuvre satirique à l’humour claquant sur l’envie d’échapper au quotidien. La coproduction islandaise et brésilienne August Sky de Jasmin Tenucci est un drame puissant qui se penche sur la foi dans les situations les plus éprouvantes.

Le jury décernera un prix au court-métrage lauréat de la Sélection officielle, ainsi qu’à trois des 17 films de la Sélection de la Cinéfondation (voir news). Le jury se compose de Tuva Novotny (Suède), Kaouther Ben Hania (Tunisie), Alice Winocour (France), Nicolas Pariser (France), Sameh Alaa (Égypte) and Carlos Muguiro (Espagne).

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(Traduit de l'anglais par Karine Breysse)

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