email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

CANNES 2021 Compétition

Critique : Julie (en 12 chapitres)

par 

- CANNES 2021 : Joachim Trier propose une histoire d’amour tout à fait regardable, enfin plusieurs, mais son héroïne semble tout droit sortie d’un monde féérique

Critique : Julie (en 12 chapitres)
Renate Reinsve dans Julie (en 12 chapitres)

C’est fort plaisant de voir Joachim Trier de retour à Oslo avec un film qui s’aventure là où peu osent aller ces temps-ci, directement sur le territoire de la comédie romantique. Julie (en 12 chapitres) [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Joachim Trier
fiche film
]
, projeté à Cannes en compétition, montre de charmantes rencontres amoureuses et une séquence d’emménagement en couple toute joyeuse sur air jazzy qui évoque (on va le chuchoter tout doucement) un film de Woody Allen. Mais les Norvégiens font les choses un peu différemment, semble-t-il, et c’est ainsi que toute une conversation sur les trous du cul manquants est aussi restée au montage, la plus animée depuis la version alternative de Cats qui avait été décriée.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Celui qui se plaint de ces fions disparus est l’auteur de bandes dessinées Aksel (Anders Danielsen Lie), fâché des choix de l’adaptation en dessin animé de ses albums, dont la sortie est imminente. Il ne devrait cependant pas se faire de souci pour cela, car de plus gros problèmes guettent, et sa petite amie Julie (Renate Reinsve) a des doutes. Sur tout, vraiment tout, de leur relation aux enfants à sa carrière (elle a abandonné ses études de médecine pour se diriger vers la psychologie, puis la photographie, avant de se lancer dans une tentative d’écriture qui évoque un peu une version scandinave de Sex and the City  - "Peut-on être féministe et vouloir qu'il vous la fourre dans la bouche ?" étant la question du jour). Et puis elle rencontre un autre homme, un soir où elle s'est incrustée à la fête de mariage de parfaits inconnus.

Reinsve est ici parfaitement adorable, avec sa frange brune et ses joues roses. C'est que Julie est le genre de personnage auquel aucun réalisateur de sexe masculin ne peut résister, un genre de Manic Pixie Dream Girl remanié, sexy mais suffisamment instable pour que ce soit rassurant, imprévisible, et complètement à l'aise parmi les mecs si besoin. Elle frappe pour être un peu le fantasme de la petite nana rigolote qui s'enfuit toujours avec votre cœur dans la poche de son jean. On suppose qu’elle doit aussi adorer craquer le dessus caramélisé des crèmes brûlées avec le dos de la petite cuillère. Je dis ça comme ça.

Le film, divisé en douze chapitres, constamment accompagné par une voix off et généralement assez amusant, est censé les nombreux tournant dans sa vie, sauf qu'au bout du compte, Julie est encore très jeune. Ce n’est pas une mangeuse d’hommes sans cœur, comme le veut un autre stéréotype : elle est juste en train d'essayer de comprendre ce qu’elle veut dans la vie. Au lieu de se concentrer sur un objectif, elle dérive, elle essaie des choses. Tout comme un homme, pourrait-on dire, ce qui fait que certains des choix de Trier ici rendent un peu perplexe. Pourquoi ne peut-on pas montrer une jeune femme face à son avenir sans que la perspective de la maternité plane sur elle comme une épée de Damoclès sur une grande partie du film, et pourquoi faut-il qu'elle ait une relation compliquée avec son papa ? Le film essaie-t-il d'insinuer que c'est une "mauvaise fille" juste parce qu’elle commet le péché ultime : quitter un mec bien ?

Difficile à dire, et plus ça va, plus on tombe dans le feuilleton guimauve. Ou du moins dans le gimmick : quand elle décide de rompre, le monde s'arrête littéralement, ce quilui permet de courir, baby, courir vers un autre type. C’est une jolie séquence, même si l’histoire n’avait pas vraiment besoin de tous ces tours de magie, pas plus que d'une scène où elle trippe sous champi. Ce qu'on fait pas quand on est à Oslo !

The Worst Person in the World a été produit par Oslo Pictures (Norvège), MK Productions (France), Film i Väst (Suède), Snowglobe (Danemark) et B-Reel (Suède). Le film est distribué par Memento et ses ventes internationales sont gérées par mk2 Films.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy