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FIFDH 2021

Critique : Dear Future Children

par 

- Les enfants ne vont pas bien dans ce documentaire de Franz Böhm, mais ils se battent

Critique : Dear Future Children

Greta, tellement connue maintenant que son prénom suffit, tout comme Malala. Et les enfants de The March for Our Lives. Et Thandiwe Abdullah, co-fondatrice du mouvement des jeunes Black Lives Matter Youth Vanguard, etc. etc. Nulle personne saine d’esprit ne peut plus être surprise par le fait que des enfants et de jeunes adultes ait entrepris de changer le monde. Dear Future Children [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
de Franz Böhm, présenté au Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève (FIFDH) dans la section Documentaires de création, suit trois autres activistes, chacun avec son combat, qu'il s'agisse du réchauffement climatique, du besoin d'une réforme sociale ou de l’indépendance politique. Ceci en fait un film à la fois totalement actuel et un peu répétitif, car on ne peut pas dire qu'il mette quelque chose de bien nouveau sur le tapis.

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En faisant des bonds entre Hong Kong, l'Ouganda et le Chili, Böhm laisse globalement ses sujets s'exprimer librement. Ils ne sont interrompus que par les voix de journalistes qui fournissent des informations de fond par rapport à ce qui se passe ici sous nos yeux. Quoiqu'on comprenne ce choix, car il leur permet de contrôler leur propre version des faits, ce procédé ancre le documentaire davantage dans la catégorie "des films réalisés pour les écoles" que dans le champ du cinéma. Ils expliquent, profusément, ajoutant par-ci par-là une mention des militants qui les ont précédés, et quoique leurs histoires soient indéniablement susceptibles d'inspirer d'autres gens à mettre leurs paroles en pratique, pour une fois, l'expérience n'en est pas de meilleure qualité pour le spectateur. Mais bon, il faut reconnaître que tout cela reste instructif, on apprend indéniablement une chose ou deux.

Ce qui frappe davantage, c’est combien les adultes semblent peu avides d'accueillir cette nouvelle génération de gens d'action. "C'est vous qui devriez faire attention", dit l'un d'eux, et à ce moment-là, tout ce qui manque est le geste de Ponce Pilate se lavant les mains de la crucifixion. Ils aiment le pouvoir, quand ils l'ont, mais pas les responsabilités qui vont avec. Ces gamins ne le savent déjà que trop, semble-t-il, et ils sont las de leurs promesses, de leurs mensonges, las de leur incapacité à répondre à une simple question, ce qui serait presque risible si ça ne rendait pas leur vie plus dure avec chaque jour qui s'écoule. Il est évident, en regardant ce film, que le glissement s'est déjà produit et si, en grandissant, on cesse de croire aux fées, on cesse aussi de croire que les adultes ont raison. Dans les deux cas, il n'y a pas assez de preuves du contraire. Surtout quand votre propre enseignant considère que le changement climatique fait partie du "plan de Dieu", et donc qu'il faut l’accepter.

Pas étonnant que ces rêveurs-là ne s'en laissent pas conter, qu'ils aient les pieds sur terre et les idées claires – et préfèrent s'exposer à rencontrer des zombies que des militaires, à en croire un cauchemar que fait l'un d'eux. La chose a du sens : les premiers sont plus lents. Pepper, Hilda et Rayen en ont trop vu, et ils ont aussi dû faire beaucoup de sacrifices, car s'accrocher fermement à ses convictions coûte cher ces temps-ci – enfin, n'importe quand à vrai dire. C’est pourquoi la plus petite manifestation du fait que ces filles ont parfois des réactions qui sont "de leur âge" est très précieuse, comme quand Hilda montre son enthousiasme avant un discours important et que, pour une fois, elle n'essaie pas de le cacher ou de le réfréner.

"Qu’est-ce que vous aimeriez dire au monde ?
— Beaucoup de choses."
Il va sans dire que c'est exactement ce qu'elle va faire.

Dear Future Children est une coproduction entre l’Allemagne et le Royaume-Uni qui a réuni les efforts de Schubert Film UG, Nightrunner Productions, Lowkey Films et Übergrafisch. Les ventes internationales du film sont gérées par Magnetfilm GmbH.

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(Traduit de l'anglais)

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