email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

SUNDANCE 2021 Compétition World Cinema Dramatic

Critique : Human Factors

par 

- Dans son deuxième long-métrage de fiction, Ronny Trocker emprunte un chemin par trop minimaliste pour observer une famille de la classe moyenne supérieure bouleversée par un mystérieux cambriolage

Critique : Human Factors
Sabine Timoteo et Mark Waschke dans Human Factors

Human Factors [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Ronny Trocker
fiche film
]
est le deuxième long-métrage de fiction de Ronny Trocker. Il a été invité au Festival du film de Sundance (28 janvier-3 février) cette année, dans la section World Cinema Dramatic Competition. Le réalisateur originaire de Bozen a déjà à son actif des documentaires, des courts-métrages et des installations vidéo. Son premier long-métrage, The Eremites [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
, avait fait sa première dans la section Orizzonti de la Mostra de Venise en 2016.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Ce nouveau film dramatique, scénarisé par le réalisateur lui-même, tourne autour d’une riche famille cosmopolite vivant dans une ville allemande dont le nom n’est pas mentionné, probablement Berlin, et présidée par les parents, Nina (Sabine Timoteo) et Jan (Mark Waschke), qui dirigent une prestigieuse agence de publicité et ont deux enfants, une adolescente nommée Emma (Jule Hermann) et son petit frère Max (Wanja Valentin Kube), qui possède un petit rat domestique appelé Zorro. Dans les premières scènes, on voit la famille se préparer à passer un week-end dans leur maison de vacances, quand leur escapade est soudain court-circuitée par un cambriolage, après quoi Zorro disparaît mystérieusement.

Dès le tout début, les interprétations des deux acteurs et l’atmosphère visuelle sinistre du film instillent dans l'esprit du spectateur le sentiment que quelque chose de terrible est sur le point d’arriver et que les personnages cachent une foule de secrets. En dehors du cambriolage soudain (qu'on ne voit pas à l’écran mais qu’on entend derrière les cris de Nina et derrière des bruits de pas), le premier tiers du film progresse à un rythme très lent, au niveau du récit comme des interprétations des acteurs.

Le film propose ensuite une combinaison délibérée de sauts en arrière et en avant dont la chronologie est difficile à déchiffrer. Ces rebondissements et revirements sont utilisés par Trocker pour faire ressortir les problèmes enfouis qui minent cette famille (quoique bien souvent, ces motifs ne sont qu'effleurés), nommément un mariage en faillite, un manque de communication dans l’environnement familial et une relation distendue entre parents et enfants – en d’autres termes, rien de nouveau sous le soleil. Après avoir piqué l'intérêt du spectateur par rapport à l'auteur du cambriolage et concentré son regard sur les disputes du couple liées au fait qu’ils travaillent pour un nouveau client évoluant dans le champ de la politique, particulière, le film peine à tenir le spectateur en haleine.

À côté de la sous-intrigue rattachée à l’agence de publicité, la scène qui montre les actes d’intimidation des opposants politiques (auxquels renvoient des éclaboussures de peinture verte qui apparaissent soudainement sur les fenêtres de l’agence, suivies par une coupure de courant) est une des plus efficaces sur le plan cinématographique et pourrait même servir de réveil brutal après une exposition soporifique.

Par ailleurs, l'élément cosmopolite et bourgeois de cette famille francophone et germanophone, qui adore siroter de l’expresso italien et semble englober différentes identités centre-européennes, ne sert pas particulièrement bien l'intrigue et fait l'effet, présenté tel quel, d'un choix fondé uniquement sur l'attrait européen potentiel de cette coproduction. Quoique le film soit de bonne facture sur le plan technique, la photographie de Klemens Hufnagl, dominée tout du long par des teintes de gris, des intérieurs pâles et des paysages nuageux, reflète involontairement la mornitude d'ensemble du scénario et des personnages, fortement unilatéraux, qui sont tous plus ou moins mélancoliques, frustrés et résignés du début à la fin. La conclusion de l’arc narratif laisse beaucoup de questions sans réponses, ce qui ne fait qu'aggraver l'expérience déroutante et peu gratifiante pour le spectateur qu'est le visionnage de ce film.

En résumé, Trocker adopte ici une approche minimaliste (une poignée de lieux bien définis, quatre acteurs principaux, une boucle d’événements limitée et sans fioritures) qui peut sans doute être attrayante et intéressante à explorer sur le plan purement esthétique, mais qui manque cruellement de profondeur narrative et de cohérence.

Human Factors a été produit par la société allemande Zischlermann Filmproduktion en coproduction avec Bagarrefilm (Italie), Snowglobe (Danemark) et ZDF - Das Kleine Fernsehspiel (Allemagne). Les ventes internationales du film sont assurées par la société athénienne Heretic Outreach.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy