email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

THESSALONIQUE DOCUMENTAIRES 2020

Critique : Walchensee Forever

par 

- Ce film de Janna Ji Wonders, couronné dans la section Newcomers, est une saga familiale autobiographique qui s’étale sur quatre générations de femmes qui ont grandi et vécu au bord du lac du titre

Critique : Walchensee Forever

Avec son premier long-métrage documentaire, Walchensee Forever [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, la réalisatrice allemande/américaine Janna Ji Wonders a gagné le Prix Kompass-Perspektive à Berlin, un Prix de Bavière et, plus récemment, le prix du meilleur film de la compétition Newcomers du Festival du documentaire de Thessalonique (lire l'article). Il s'agit d’une saga familiale autobiographique qui couvre quatre générations de femmes connectées par le lac bavarois du titre.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Walchensee Forever est un film sur des femmes qui ont vécu à différentes époques, mais sans argument idéologique. De fait, la famille Weller a toujours dépendu des femmes et ce sont toujours elles qui ont été en son centre, alors que les hommes sont allés et venus, laissant derrière eux différentes influences. L’histoire commence avec la grand-mère de Janna, Norma, qui a 104 ans vers la fin des interviews menées pour le documentaire. Elle s’est installée à Walchensee avec sa mère en 1924, après que sa sœur ait succombé à une épidémie. Elles ont ouvert un café-restaurant sur le lac et, depuis, les femmes de la famille ont continuellement quitté l’endroit pour y revenir après. Norma est celle qui a tenu l’établissement le plus longtemps, avec dévouement.

Bien que la vieille dame dise des choses intéressantes, l’intervenante principale est la mère de Janna, Anna. Elle était très attachée à sa sœur Frauke, de six ans sa cadette, et son opposé diamétral : Anna était timide et disciplinée alors que Frauke était extravertie et audacieuse. À un moment, elles ont pris une guitare et un dulcimer et elles sont allées aux États-Unis et au Mexique, portant des costumes traditionnels bavarois. Après un spectacle dans le pays latino-américain, elles se retrouvent à San Francisco. Le film ne donne pas de date pour la plupart des événements qu’il raconte, mais là-bas, c’est vraiment l’été de l’amour, ce qui va avoir un gros impact sur les deux sœurs. De plus, leur spectacle de chansons folkloriques bavaroises a un tel succès auprès des étudiants américains qu'elles reviennent à Walchensee avec de grands rêves.

Mais ces rêves vont vite s’évaporer : "Des hommes sont entrés dans nos vies", précise Anna. La situation de Frauke avec les hommes est complexe, et elle finit en hôpital psychiatrique – quoique ce n’est certainement pas ses relations avec les hommes qui ont abouti à ce diagnostic de schizophrénie. De son côté, Anna va en Inde, devient l'élève de Kirpal Singh et développe une connexion peu orthodoxe avec Rainer, un hippie charismatique, à Munich, avant de rencontrer, finalement, le père de Janna lors d'un retour à San Francisco.

Au lieu d’adopter une technique de narration documentaire plus classique, qui aurait fait se chevaucher les différentes périodes et créé des parallèles entre les femmes des différents segments du film, ce qui l’aurait rendu intéressant mais superficiel, Wonders opte pour la profondeur et l’analyse. Le récit est chronologique, et c’est au spectateur de reconstruire les similarités et différences entre les générations dépeintes. Chacune des interviews contient des questions intimes et des réponses pour la plupart honnêtes. Les détails sociaux et historiques restent en toile de fond, la réalisatrice comptant sur les connaissances générales du spectateur. Cela signifie que le film n’est pas facile à analyser, mais il laisse une saveur forte et nette. Visuellement, film consiste en une vaste série de photographies et vidéos d’archives qui suivent directement le texte en voix off, intelligemment monté. La variété des technologies utilisées travers les siècles donnent au film une grande richesse en termes de textures et d'atmosphères, et les images récurrentes du lac, à différentes heures du jour et à différentes saisons, servent d’ancrage pour le spectateur.

Walchensee Forever a été produit par la société allemande Flare Film. Les ventes internationales du film sont gérées par Deckert Distribution (Leipzig).

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy