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FILMS / CRITIQUES Pologne

Critique : Nobody Sleeps in the Woods Tonight

par 

- Le long-métrage de Bartosz M. Kowalski, le "premier slasher polonais", est un film d'horreur amusant qui s'ébat dans sa nostalgie pour les films des années 1980s

Critique : Nobody Sleeps in the Woods Tonight
de gauche à droite : Wiktoria Gąsiewska, Stanisław Cywka, Julia Wieniawa, Michał Lupa et Sebastian Dyla dans Nobody Sleeps in the Woods Tonight

Mine de rien, cette quarantaine aura bien fait les affaires de Nobody Sleeps in the Woods Tonight [+lire aussi :
interview : Bartosz M. Kowalski
fiche film
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, le deuxième long-métrage de Bartosz M Kowalski (après le glaçant Playground [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Bartosz M. Kowalski
fiche film
]
). Le film devait arriver dans les salles vendredi 13 mars, précédé par des critiques enthousiastes, mais au lieu de cela, il a été lancé sur Netflix (seulement en Pologne) une semaine plus tard et après sept jours, il figure au Top 3 des films les plus vus du pays. Dans les cinémas habituellement bondés, il n’aurait peut-être pas eu le même succès, mais à côté de séries comme Stranger Things, qui baigne également dans la nostalgie du cinéma des années 1980, ce slasher de Kowalski fait un massacre, prouvant du même coup que la Pologne n’est pas une terre vaine pour le cinéma d’horreur.

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Nobody Sleeps in the Woods Tonight n’est pas un pur film de genre ; c’est plus un travail qui respire la passion d'un cinéphile qui a grandi en regardant Les Goonies, The Evil Dead, Terminator, Musclor et les Maîtres de l'univers et toutes les autres histoires hautes en couleur mais effrayantes que les enfants qui ont grandi dans la Pologne de la fin des années 1980 et du début des années 1990 regardaient en boucle sur leur magnétoscope. D'ailleurs, Kowalski, également auteur du scénario avec ses producteurs Jan Kwieciński et Mirella Zaradkiewicz, a choisi de situer la prémisse de son histoire il y a 30 ans, le jour où un facteur frappa deux fois à la porte d’une maison située dans les bois pour se retrouver nez à nez avec une force maléfique. Trois décennies plus tard, un groupe de jeunes gens condamnés à passer du temps dans un camp hors-ligne (où tous les appareils électroniques sont interdits) vont se retrouver confrontés de très près à des créatures malveillantes, sous forme de monstres difformes et assoiffés de sang.

Ce groupe de jeunes est typique de ce qu'on trouve dans les slashers : il y a Daniel le beau gosse sportif (Sebastian Dyla), Bartek le garçon gay qui est toujours dans le placard (Stanisław Cywka), une blonde sexy du nom d'Aniela (Wiktoria Gąsiewska), Julek le geek (Michał Lupa) et le personnage féminin principal, Zosia (Julia Wieniawa), une fille avec un passé traumatisant. Julek l'appelle même "Sarah O’Connor", comme la célèbre héroïne jouée par Linda Hamilton dans le premier Terminator de James Cameron, en 1984. Comme on peut se l’imaginer, les adolescents seront tués violemment, un par un, et de fait, Kowalski a ajouté plusieurs personnages secondaires à l’ensemble, pour maintenir les frissons jusqu’au bout, notamment un prêtre dragueur visqueux (Piotr Cywrus), un policier qui s’ennuie (Olaf Lubaszenko) et une chef d’équipe pimpante (Gabriela Muskała).

Mais ne vous y trompez pas : même si le ton du film est empreint de nostalgie, on trouve ici beaucoup de moments qui font sursauter, parfaitement exécutés, et une atmosphère vraiment flippante. Le mérite en revient au réalisateur, aux producteurs, à la troupe (spécialement Wieniawa et Lupa) et au compositeur Jimek dont les musiques, qui s’appuient sur des airs inspirés des années 1980 et l’utilisation du thérémine (l'instrument électronique qui était le son typique des films de science-fiction dans les années 50), rehaussent l’ambiance de malaise et renforcent le pacte de crédulité. Les effets spéciaux réalisés au niveau des maquillages sont également admirables – car il n’y a rien de pire qu’une créature maléfique qui vous fait rire au lieu de vous épouvanter.

Un critique par trop méticuleux pourrait émettre quelques doutes sur la logique derrière les actes des monstres (est-ce qu’ils tuent pour se nourrir ou pour le plaisir ?) et les clins d’œil sporadiques aux affaires courantes en Pologne (des frères malades, des prêtres qui se comportent mal, des néonazis qui jouent dans les bois) pourraient faire froncer des sourcils mais globalement, ce film est de loin le titre polonais le plus divertissant qu'on ait vu depuis des années.

Nobody Sleeps in the Woods Tonight a été produit par Jan Kwieciński à travers Akson Studio (Varsovie), avec Mirella Zaradkiewicz à la production créative, en coproduction avec Zenon Maślona de la société polonaise Plan Zet. En Pologne, le film est distribué par Next Film.

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(Traduit de l'anglais)

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