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INDUSTRIE / MARCHÉ France

Des défis à relever pour le cinéma français à l'international

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- Avec 40,5 millions d'entrées et 244,4 M€ de recettes dans les salles étrangères l’an dernier, le cinéma français résiste et doit s’adapter dans un panorama concurrentiel en plein bouleversement

Des défis à relever pour le cinéma français à l'international
Anna de Luc Besson

Garantir la diversité face à l’uniformisation et maintenir à la fois la qualité et la quantité (la France est le second exportateur mondial de films derrière les Etats-Unis). Lors de la présentation des résultats (provisoires) des oeuvres hexagonales à l’international en 2019 à l’occasion des Rendez-vous avec le cinéma français à Paris organisés par UniFrance (lire la news), le ministre de la Culture Franck Riester a insisté sur l’importance vitale de redoubler d’efforts pour la promotion et l’exportation, tout en se développant sur tous les supports de diffusion dans le sillage d’une nouvelle génération de cinéastes (comme les nominés français aux Oscars 2020 Ladj Ly avec Les Misérables [+lire aussi :
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et Jérémy Clapin avec J’ai perdu mon corps [+lire aussi :
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, ainsi que Yves Piat et Bruno Collet du côté des courts métrages). "Dans un marché mondial de plus en plus compétitif avec de nouveaux pays producteurs émergents et des productions américaines de plus en plus fortes, dotées de moyens considérables et relayées partout, il y a une bataille des contenus et cette concurrence est amplifiée par celle des séries" a souligné le ministre qui a également insisté sur la nécessité de conforter les mécanismes de financement du cinéma français en y insérant les plateformes SVOD (on parle de 25% de leur chiffre d’affaires en France avec des garde-fous protégeant la production indépendante et le droit d’auteur), ce qui sera opérationnel après l’examen de la nouvelle loi sur l’audiovisuel qui débutera en avril au Parlement.

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"Il n’y pas eu de miracle, mais nous résistons bien" a commenté Serge Toubiana, le président d’UniFrance, en évoquant les 40,5 millions d'entrées (+1,2% par rapport au chiffre provisoire 2018 annoncé en janvier 2018) et 244,4 M€ de recettes enregistrées l’an dernier par les films français dans les salles étrangères. "Malgré l’absence d’un film en langue anglaise et d’un titre d’animation très forts, et malgré la concurrence des plateformes, nous avons un socle solide dans un marché actuel où le cinéma indépendant souffre partout dans le monde. Si la France réussit à garder sa place, c’est grâce à la diversité de sa production puisque 721 films ont circulé l’an dernier dans le monde" a précisé la directrice générale Daniela Elstner (lire l’interview).

L’an dernier 64 titres français ont séduit plus de 100 000 spectateurs internationaux et sept longs métrages ont dépassé le million d’entrées avec sur le podium Anna [+lire aussi :
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de Luc Besson (4,35 millions de spectateurs), Mia et le lion blanc [+lire aussi :
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de Gilles de Maistre (4,25 millions) et Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? [+lire aussi :
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de Philippe de Chauveron (3,3 millions). Suivent dans le top 10 trois titres d’animation (Astérix – Le Secret de la potion magique [+lire aussi :
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, Minuscule 2 [+lire aussi :
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et Terra Willy [+lire aussi :
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), Le Grand Bain [+lire aussi :
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de Gilles Lellouche, J’accuse [+lire aussi :
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de Roman Polanski, Nevada [+lire aussi :
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de Laure de Clermont-Tonnerre et Doubles vies [+lire aussi :
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interview : Olivier Assayas
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d’Olivier Assayas. A noter que 59,2% des résultats 2019 ont été enregistrés par des œuvres en langue française et que les productions majoritaires hexagonales ont contribué à 85% du bilan.

Du côté des territoires, l'Europe occidentale a amplifié son rang de premier marché pour les films français à l’étranger avec 19,1 millions de spectateurs, soit 47,1% du total 2019. L’Italie reste le territoire du monde le plus accueillant avec 4,34 millions d’entrées (+10%), devant l’Allemagne (3,91 millions à +31%) et l’Espagne (3,34 millions à +11%). A signaler des reculs en Belgique, en Scandinavie et au Royaume-Uni.

L’Europe centrale et orientale grimpe à 7,35 millions d’entrées, soit 18,2% du total, avec notamment de très belles performances en Pologne et en Russie.

L’Amérique Latine représente 11,8% des entrées, mais les résultats reculent nettement globalement, entre autres au Brésil, en Argentine et au Chili alors que la Colombie et le Pérou sont en hausse.

Le bilan est complété par l’Amérique du Nord (9,64%, une part de marché ne cessant de décroitre depuis dix ans), l’Asie (9,24%), l’Océanie (1,93%) et la zone englobant l’Afrique et le Moyen-Orient (2,17%).

Pour la première fois, UniFrance a publié un indicateur SVOD (56 diffuseurs de 39 pays étrangers) révélant que le cinéma français représente 2,4% des films accessibles sur les plateformes, soit la 4e cinématographie mondiale derrière les productions américaines, indienne et britanniques. A titre de comparaison, les films français représentent 10,6% du volume des sorties dans les salles internationales. Un écart qui permet de mesurer à la fois l’enjeu névralgique des marchés numériques et la nécessité de ne pas perdre de terrain sur les salles qui servent de vitrine à la production tout comme les grands festivals internationaux où le cinéma français brille (19% des titres sélectionnés en 2019 dans les dix plus grandes manifestations).

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