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SHEFFIELD DOC FEST 2019

Critique : Marianne & Leonard: Words of Love

par 

- Dans un documentaire touchant, sincère et empreint de romantisme, Nick Broomfield revient sur la relation amoureuse entre Leonard Cohen and Marianne Ihlen

Critique : Marianne & Leonard: Words of Love

Nick Broomfield aime les documentaires qui mettent en scène des personnalités que tout oppose. Il n'y a qu'à regarder Biggie and Tupac, Kurt and Courtney, ou son dernier film Whitney: Can I Be Me [+lire aussi :
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, dans lequel Whitney Houston est en proie à ses démons. Le documentariste tente de révéler, sans toujours y parvenir, un point de vue nouveau et original sur ces histoires. Que le réalisateur britannique ait choisi une approche plus douce et plus détachée pour Marianne & Leonard: Words of Love [+lire aussi :
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 fait du bien. Cette histoire, sélectionnée au Sheffield Documentary Film Festival, raconte la relation amoureuse entre le chanteur et compositeur Leonard Cohen et sa muse, la norvégienne Marianne Ihlen. Connaître personnellement les personnages permet, semble-t-il, à Broomfield d’adopter une approche plus douce et de faire preuve d'une plus grande compréhension. Il va même jusqu'à minimiser son rôle dans l'histoire puisque dès le début de ce documentaire fascinant, il reconnait avoir été l'amant d'Ihlen avant de devenir son ami de toujours. Rappelons d’ailleurs que c’est Ihlen qui a poussé Broomfield à réaliser son premier film, Who Cares ?, un court-métrage de 18 minutes sur un quartier difficile de Liverpool en 1971.

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Entre des images d'archive et des propos d’experts, mais aussi des interviews que Cohen et Ihlen ont donné tout au long de leur vie avant de disparaître à trois mois d'intervalle en 2016, Broomfield s’appuie sur la relation amoureuse du couple pour raconter l'histoire d'artistes et de leur muse, la vie d'une communauté bohème sur l'île d'Hydra dans les années 1960, un monde de liberté sexuelle, de drogue et de musique. Tel une ballade de Cohen, le ton du film est émouvant et sincère et les paroles de son célèbre " So Long, Marianne " sont omniprésentes. Broomfield va jusqu'à utiliser différentes versions de la chanson interprétée par Cohen pour montrer qu'il lui est impossible d'échapper à sa muse, même après la fin de leur histoire et le retour de cette dernière en Norvège.

Broomfield a toujours eu beaucoup de compassion pour Ihlen. Elle est mère célibataire quand elle rencontre Cohen en Grèce en 1960. Après des années très heureuses, Ihlen est devenue la femme oubliée, celle qui tente de sauver une histoire d'amour chancelante pendant que Cohen, lui, découvre son talent d'artiste et connaît un succès phénoménal à New York. De son côté, il sombre dans une dépression et a du mal à se consacrer entièrement à une seule personne, préférant le réconfort de relations libres et se jetant dans l'écriture à corps perdu. Après l'écriture d'un roman incompréhensible, il perd pied et lutte pendant un an pour surmonter son trac. Le fait que Broomsfield ne tente pas comme à son habitude d'analyser ses personnages sert le film. Cela donne la liberté au public de se faire sa propre opinion sur les raisons qui ont fait partir Cohen et rester Ihlen. À travers plusieurs interviews très instructives, Broomfield décrit une époque, celle de la libération sexuelle des années 1960, de la tolérance des artistes et de la souffrance des enfants.

Cohen et Ihlen sont restés très amis toute leur vie et Broomfield raconte en détail le supplice que chanteur a enduré les dernières années de sa vie sans oublier l'escroquerie de son manager à son égard. Le documentaire se termine par une lettre poétique qui montre qu'en général les meilleures histoires d'amour sont imprégnées de tragédies.

Marianne & Leonard: Words of Love est une production Lafayette Films, produit par Nick Broomfield, Marc Hoeferlin, Shani Hinton et Kyle Gibbon. Patrick Holland est producteur exécutif pour la BBC. Kew Media Group assure les ventes internationales.

(Traduit de l'anglais par Karine Breysse)

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