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STOCKHOLM 2012

Augustine : anatomie de l’éveil sexuel d’une femme à la Belle Époque

par 

- Le premier film d’Alice Winocour est un drame d’époque remarquable qui mélange la psychiatrie et la recherche scientifique avec des touches suggestives de sensualité

Augustine : anatomie de l’éveil sexuel d’une femme à la Belle Époque
Soko dans Augustine

La Française Alice Winocour se lance dans le long-métrage avec Augustine [+lire aussi :
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, un drame brillant qui se situe au tout début de la Belle Époque à Paris. Le film, en compétition au Festival international du film de Stockholm, s’inspire de l’histoire vraie d’une des patientes les plus connues du célèbre docteur Jean-Martin Charcot, considéré comme l’un des pères de la neurologie moderne.

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Après une crise violente et spectaculaire, dans le manoir où elle travaille comme domestique, la jeune Augustine est amenée à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière où l’éminent docteur Charcot (interprété par Vincent Lindon) lui diagnostique de l’"hystérie". Lors de sa première nuit sur place, la jeune fille s’aperçoit rapidement de la dévotion absolue que vouent les patientes au neurologue distingué : "Ici, tu ne pries pas Dieu, mais Charcot", lui dit-on.

Le médecin ne tarde pas à porter un intérêt tout particulier au cas d’Augustine. Il se montre tout aussi intrigué par la qualité exceptionnelle de ses crises psychomotrices que par sa réaction singulière à l’hypnose. Le récit suggère néanmoins, graduellement et subtilement, que l’attention dont l’homme fait preuve vis-à-vis de sa patiente prend racine dans la sensualité énigmatique qui se dégage de cette jeune femme qui, comme le mentionnent plusieurs scènes, n’a toujours pas eu ses règles à 19 ans. 

Ainsi, la thérapie ne cesse de vaciller dangereusement entre transfert et interdépendance, surtout quand le neurologue profite du caractère unique de ce cas pour attirer l’attention des membres de l’Académie des Sciences, dans l’espoir d’obtenir d’eux des subventions pour moderniser son hôpital. En conséquence de cela, tout en prodiguant à la jeune femme un traitement préférentiel et particulièrement attentif, Charcot la soumet  devant de nombreux confrères à d’humiliantes séances de thérapie. Augustine, pour sa part, comprend l’importance de son cas et commence à tirer avantage de sa position pour exercer une certaine influence sur le praticien.

Recherche scientifique, érotisme et jeux de pouvoir sont au rendez-vous, dans ce scénario bien ficelé, élaboré par Winocour. Le film dans son ensemble bénéficie du travail admirable du directeur de la photographie Georges Lechaptois, qui a merveilleusement capturé d’élégants plans en intérieur, à la lumière des candélabres, et filmé des vues fascinantes de régions boisées enveloppées de brouillard.

La jeune Soko, une actrice et chanteuse populaire en France (elle a été nominée pour le César 2009 du meilleur espoir féminin pour À l’origine [+lire aussi :
critique
bande-annonce
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]
, de Xavier Giannoli), livre ici une performance impressionnante, enchanteresse et sensuelle.

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(Traduit de l'espagnol par Séverine Meuleman)

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