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Cédric Klapisch • Réalisateur/Scénariste

Ce qui le meut…

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Cédric Klapisch • Réalisateur/Scénariste

On ne compte plus les films à succès qui ont fait de Cédric Klapisch, un des auteurs et cinéastes ultraplébiscités. Février 2008, Paris [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
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débarquera sur nos écrans. Profitons-en pour découvrir l’homme qui a réinventé la comédie dans le paysage cinématographique français.

Des débuts déterminants
Passionné dès l’âge de 12 ans par la photographie, Cédric Klapish expose pour la première fois au lycée. Bac en main, il choisit hypokhâgne, option philosophie. Premier contact avec l’écriture où il acquiert un savoir-faire rédactionnel. Il tente l’IDHEC, où il n’est pas reçu. Il s’oriente alors vers Censier et obtient une maîtrise de cinéma. Ces deux années lui permettent de découvrir tous les grands classiques américains, japonais, français et surtout de connaître l’histoire du cinéma. Second échec à la Fémis. Sa déception est profonde mais renforce sa détermination. Cédric se tourne alors vers des écoles en Belgique, à Londres et aux États-Unis. L’université de New York répond favorablement et son père l’aide à financer ses cours. Son attirance pour le cinéma américain devient l’évidence et lui fait comprendre de façon consciente qu’il a un problème avec la France. C’est outre-Atlantique qu’il apprend véritablement la dramaturgie et les notions d’une structure classique : " L’histoire n’est pas juste une idée, mais elle naît d’un désir avec enchaînement des actes. Il faut être dans la création, sinon ce que l’on crée n’existe pas ". Grâce à des professeurs marquants et à son ami Tod Solondz, Cédric Klapish réalise son premier court-métrage In Transit.

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De l'intuition à l'écrire
Seul ou à plusieurs, Cédric Klapish a toujours une trame solide pour chacun de ses scénarios et construit des personnages qu’il réoriente en fonction des acteurs. " Le scénario n’est pas une étape définitive du cinéma et de l’écriture cinématographique. Il y a quelque chose dans le papier qui est faux et qui devient vrai dans la chair et dans la bouche des acteurs ; c’est la notion d’incarnation. Pas de caméra stylo puisqu’il y a une trame de base. L’improvisation est possible lorsqu’on sait de quoi on parle ". Pour son premier long-métrage Riens du Tout, Cédric avait envie de parler de gens perdus au milieu d’une foule, d’entreprise et de libéralisme. Il y avait forcément beaucoup de personnages liés dans l’histoire. C’était l’apprentissage d’un point de vue narratif car c’est un film sans héros. Le but du film était de faire exister chaque personnage car chaque " rien du tout " devient un tout qui existe à un moment.
Le péril jeune partait d’une commande : inventer un scénario qui se déroule dans un lycée en 1975. Cédric a écrit avec Santiago Amigorena, Alexis Galmot et Daniel Thieux, enfermés 12 heures par jour dans une maison pendant 3 semaines, totalement repliés sur eux-mêmes. Ils se sont alors penchés sur la question : qu’est-ce que c’est que d’avoir 17 ans ? Puis il a rencontré Romain Duris, il avait 18 ans.
Pour Chacun cherche son chat, il a écrit seul chez lui. Il avait envie de parler de Paris, des vieux, de l’évolution d’un quartier, le mélange entre les gens branchés et le vieux Paris. La structure importante faisait 70 pages sur 120. Le hasard a remis Romain Duris sur son chemin.
Pour Un air de famille, Cédric Klapisch a accepté d'adapter à la demande d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri cette pièce de théâtre, comédie grinçante, qui remporte le César du Meilleur scénario.
L’auberge Espagnole a été écrit en 15 jours. Seul. Il n’y a pas eu de réécriture. Sa sœur avait fait Erasmus quelques années auparavant. Il avait une intuition sociologique qui le touchait personnellement. Il était nécessaire de parler de l’Europe, de la communauté et du moment où l’on est étudiant. Cédric a trouvé la structure globale narrative du film en scooter. Il s’est arrêté, a sorti son palm et a écrit la structure et le dialogue de la fin " Tout a commencé là…. ". Ce fut un vrai moment d’émotion, une charge émotive. Il savait que cette base serait solide et qu’elle ne changerait pas. Et tourner en HD était une nouvelle façon de tourner : " C’est aussi cela un scénario, une boîte à désir. Comment caser tous ses désirs dans cette boîte ? Et comment utiliser l’énergie du premier jet ? "
Pour Paris, il avait envie de parler de mixité sociale et raciale : " Paris est devenue une ville un peu trop critiquée où beaucoup tiennent de mauvais discours. Je voulais faire un constat de c’est quoi Paris aujourd’hui avec l’embourgeoisement et l’immigration ". L’histoire est un vrai patchwork dans le ton de Short Cuts de Robert Altman. Il y a une dizaine d’acteurs : Juliette Binoche, François Cluzet, Zinédine Soualem et Romain Duris en personnage central. Tous ses personnages ont été écrits pour les acteurs.

Des projets
CK réfléchit déjà à son prochain long-métrage : un conte pour enfant. Il a toujours eu un attrait pour la poésie et le surréalisme. Encore un genre nouveau qu’il faudra ajouter à sa filmographie. On attend avec impatience d’en savoir plus. D’ici là, save your date : Paris, février 2008.

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