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NIFFF 2022

Pierre-Yves Walder • Directeur général et artistique, NIFFF

"Il y a tout un héritage très important au NIFFF que je chéris et respecte énormément"

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- Le nouveau directeur général et artistique du festival de Neuchâtel nous parle de l’édition 2022, de sa passion pour le cinéma fantastique et de la nouvelle, excitante rétrospective Scream Queer

Pierre-Yves Walder • Directeur général et artistique, NIFFF

Nous avons eu la chance de discuter avec Pierre-Yves Walder, le nouveau directeur général et artistique du Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF). Sa passion dévorante pour le cinéma de genre et sa grande expérience dans le domaine de la culture et du cinéma lui ont permis d’affronter sa première édition avec brio et détermination.

Cineuropa : Quel est votre parcours et d’où vient votre passion pour le cinéma fantastique ?
Pierre-Yves Walder : Je m’intéresse au cinéma fantastique depuis que je suis tout petit. Parmi les films que j’ai aimés je peux citer E.T. ou encore Return of the Jedi, le troisième volet de la saga Star Wars et Dark Crystal de Jim Henson et Frank Oz, sans oublier The NeverEnding Story. J’ai tout de suite adoré ces mondes fantastiques. Même si j’ai fait les beaux-arts, au bout d’un moment je me suis aperçu que je préférais valoriser les artistes plutôt que d’un être un. J’ai beaucoup travaillé dans la communication pour différents festivals de cinéma à Paris et en Suisse. Tout m’intéresse dans l’expression artistique mais je me considère vraiment comme un cinéphile. Quand j’étais à Paris dans les relations presse, j’ai lu que des gens que je connaissais depuis mon enfance à Neuchâtel, avaient créé un festival de cinéma de genre. J’ai tout de suite été impressionné. A cette époque je travaillais pour le Locarno Festival mais par la suite j’ai choisi de faire partie de l’aventure. J’ai commencé par la presse pour ensuite intégrer (en 2010) l’équipe de programmation avec Anaïs Emery. Après cinq ans il fallait que je change, je suis donc parti à Zurich pour intégrer l’équipe de Pro Helvetia. Quand Anaïs Emery a quitté son poste, j’ai postulé et je suis revenu au NIFFF en tant que directeur général et artistique.

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Comment affrontez-vous votre première édition à la tête du NIFFF ?
Un de mes premiers objectifs, en revenant au festival après deux années très compliquées à cause de la pandémie, était de garder l’excellence et l’exigence d’une programmation que je considère comme extrêmement qualitative. Le concept était bon, solide et tenait la route depuis longtemps, ça n’avait pas de sens de le changer ou de tout révolutionner. 2022 est une année où il faut valoriser le présentiel et consolider les acquis du festival. Il y a tout un héritage très important au NIFFF que je chéris et respecte énormément.

Pourriez-vous nous parler brièvement de l’édition 2022 ? Quelles sont les nouveautés et vos coups de cœurs ?
La Compétition internationale est ancrée dans le fantastique au sens très large, avec des films qui doivent surprendre et émoustiller la curiosité du public. Ce que j’aime particulièrement c’est qu’au NIFFF on peut au même temps découvrir des films d’action, plus commerciaux, et des films d’auteurs. Je tiens aussi à mettre en avant les premiers films, tout en suivant de près les auteur.trice.s qu’on a déjà programmé (et découvert) au festival. Parmi les premiers films sélectionnés j’aimerais citer Hypochondriac d’un jeune réalisateur étasunien, Addison Heimann, le français Nos cérémonies [+lire aussi :
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(Simon Rieth) et les époustouflants Blaze de l’Australienne Del Kathryn Barton et Huesera de la Méxicaine Michelle Garza Cervera. Dans les autres sections je voudrais mentionner l’intense thriller Holy Spider [+lire aussi :
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(Ali Abbasi), La nuit du 12 [+lire aussi :
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de Dominik Moll, un thriller policier "atypique" dans le domaine du fantastique, The Timekeepers of Eternity (Aristotelis Maragkos), une proposition qui se rapproche de l’univers de l’art contemporain ou encore Falcon Lake [+lire aussi :
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de la québécoise Charlotte Le Bon, un film absolument magnifique, très personnel. Je trouve qu’on a réussi à proposer une programmation assez transversale et pluridisciplinaire.

Pourriez-vous nous parler de la nouvelle rétrospective Scream Queer ?
Scream Queer est pour moi au même temps une rétrospective et un statement. C’est une idée que j’avais depuis le début et que j’ai proposée quand j’ai postulé pour le poste de directeur artistique. En général, J’avais envie de thématiser des éléments sociaux présents dans le cinéma fantastique parce que je pense que ce genre est un laboratoire exceptionnel au niveau formel et technologique mais aussi thématique.

Je voulais comprendre comment la représentation de la queerness a évolué au fil des années. Ce qui m’intéressait était de montrer non seulement des films avec des hommes gay et cisgenre mais aussi des femmes et des personnes transgenre. Il y a un film que je voulais absolument programmer dans la rétrospective, Orlando de Sally Potter avec l’époustouflante Tilda Swinton. Ce film est pour moi une lecture décomplexée, sereine et fluide de la transidentité. Je voulais aussi mettre en avant la figure du "grand méchant queer". Il s’agit de personnages "méchants", avec une identité sexuelle trouble, qui sont évidemment négatifs parce qu’ils incarnent l’inconnu tout en étant fascinants pour le public. Je considère ces représentations comme "problématique". Je ne veux absolument pas dire que ces films sont mauvais, souvent il s’agit de véritables chefs d’œuvres, mais c’est intéressant de constater que le "grand méchant queer" a longtemps été à l’écran. La représentation queer a évolué et depuis les années 2000 il y a eu une certaine ouverture, une sorte de célébration de ces personnages. La thématique du queer se retrouve de façon transversale dans toute la programmation. On peut parler d’un fantastique inclusif et protéiforme.

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