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LONDRES 2021

Michael Pearce • Réalisateur de Encounter

“Je voulais explorer ce moment où on devient adulte et où on entre dans la même tranche d’âge que ses parents”

par 

- Nous avons interrogé le réalisateur britannique sur son nouveau film, où Riz Ahmed joue un père déterminé à sauver ses deux fils d’une invasion d’extra-terrestres

Michael Pearce  • Réalisateur de Encounter

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, qui se passe en Californie, vient de faire sa première européenne au Festival BFI de Londres après sa première mondiale à Toronto. Le film, qui mêle science-fiction et drame domestique, voit Riz Ahmed dans le rôle d’un père déterminé à sauver ses deux fils d’une invasion d’extraterrestres. Pour y parvenir, il doit enlever ses enfants à sa femme, qu’il ne voit plus.

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Le réalisateur britannique Michael Pearce s’est fait connaître dès son premier long-métrage, le thriller psychologique encensé et maintes fois primé Jersey Affair [+lire aussi :
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(2017), qui se passait sur l'île du titre. Cineuropa l'a interrogé sur ce qui lui a inspiré son nouveau film.

Cineuropa : Qu’est-ce qui vous a inspiré Encounter?
Michael Pearce :
Le scénario existait déjà depuis un certain temps : il était sur la Brit List en 2013 [sous le titre initial d'Invasion]. Quand le réalisateur chargé du film s’est dirigé vers un autre projet, je l’ai lu et j’ai immédiatement compris la dynamique familiale entre ce père et ses deux fils. J’avais un petit frère, et quand notre père et nous avions des âges similaires à ceux des personnages du film, nous avons traversé une crise, ou plutôt une série de crises. Nous avons donc tous les trois dû y faire face. J’ai vu dans ce film l’occasion de peintre une histoire personnelle sur une toile bien plus vaste.

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir Riz Ahmed pour ce rôle d’antihéros ?
J'ai une attirance pour les films qui dressent des portraits sympathiques de personnages d'antihéros, c'est-à-dire des gens complexes, torturés et bourrés de défauts pour lesquels on peut ressentir de l’empathie. Riz a un éventail de possibilités incroyables comme acteur : il a indéniablement quelque chose de chaleureux, mais aussi un côté qui se démarque. Il est très joueur et on peut facilement se rapporter à lui, mais il est aussi extrêmement précis et déterminé. Il cherche toujours des rôles qui l'obligent à aller plus loin et le mettent au défi, de sorte qu'il a immédiatement vu là une occasion excitante de jouer un personnage d'un type qu’il n’avait jamais explorer avant, dans un film qui joue de la manière dont le public va pouvoir s'identifier ou pas avec ce père. Selon le moment du film, on ne sait pas s'il est le héros, l'anti-héros ou le potentiel méchant.

Ce film est très différent, par son ton et son style, de Jersey Affair. Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir changer de démarche comme réalisateur ?
Je voulais continuer dans la lignée de Jersey Affair : l'idée est de faire des peintures de caractères d'anti-héros complexes, avec un appareil de genre au niveau de l'intrigue. La manière dont des gens meurtris peuvent gérer des situations à haute pression m'intéresse. L'intention est la même dans Encounter et Jersey Affair, mais les personnages, les sujets abordés et les lieux sont différents et bien sûr, je fais cela parce que je veux me lancer des défis nouveaux, tout en continuant à explorer mon intérêt pour l’étude des comportements humains dans des situations extrêmes.

C’est aussi un road movie américain. Comment avez-vous choisi les lieux où le film se passe ?
Nous avions fait des repérages dans l’Utah et le Nouveau-Mexique, mais le Covid-19 a compliqué les choses. Au départ, tourner en Californie n'était même pas une possibilité, parce que ça peut coûter très cher, mais quand c'est devenu une destination plus simple pour accueillir les productions, nous avons été incroyablement enthousiastes. Cet état offre une telle variété de paysages et il a la grandeur légendaire que nous recherchions. Nous ne voulions pas que les lieux du film soient reconnaissables et "Instagramables". Nous voulions des environnements bruts, ravagés et comme d’un autre monde, or dans les profondeurs du désert californien, on trouve ce genre de décors en abondance.

Le film montre les problèmes qu'ont les hommes quand ils perdent leur puissance patriarcale. Le fait qu'Encounter montre le patriarcat à travers l’histoire d’un père et ses fils est assez remarquable ; y a-t-il une évolution entre les générations dont vous souhaitiez rendre compte ?
Ça me ramène à ma propre enfance. Dans le contexte où nous vivions, ma famille n'a jamais eu une structure hiérarchique ou quelque chose qui aurait ressemblé à de l'autorité patriarcale. Je voulais explorer ce moment où on devient adulte et où on entre dans la même tranche d’âge que ses parents, le moment où on se rend compte que son parent n’est pas omniscient et omnipotent, mais que c'est un être humain, c'est-à-dire qu’il est vulnérable et fragile et que, parfois, il a besoin de l’aide de ses enfants.

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(Traduit de l'anglais)

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