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VENISE 2021 Orizzonti Extra

Antoinette Boulat • Réalisatrice de Ma nuit

“Je n’ai jamais envisagé le casting comme étant mon objectif final”

par 

- VENISE 2021 : La directrice de casting française confie à Cineuropa qu’elle a réalisé le rêve d’une vie en étant celle qui décide sur le plateau de tournage

Antoinette Boulat  • Réalisatrice de Ma nuit
(© La Biennale di Venezia - Foto ASAC/Jacopo Salvi)

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interview : Antoinette Boulat
fiche film
]
, le premier long-métrage de la directrice de casting Antoinette Boulat, raconte une histoire de premières rencontres le temps d’une nuit à Paris. Il y a une fille qui vit un moment douloureux, après une tragédie familiale, et un garçon qui refuse qu'on lui réponde non. Le film a été projeté dans la section Orizzonti Extra de la Mostra de Venise.

Cineuropa : Vous êtes connue comme directrice de casting, notamment pour des réalisateurs comme Olivier Assayas et Wes Anderson. Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer à la réalisation ?
Antoinette Boulat :
Mon désir de réaliser des films est venu avant que je ne devienne directrice de casting. Mon père était photographe, donc j’ai toujours grandi avec des images autour de moi. Mon père me parlait de ses photographies, du cadrage. Ça m’a donné envie de faire du cinéma. Je l'ai fait à travers le casting, et ça m'a plu, car cela fait partie du processus de mise en scène. Au début de ma carrière, j’ai écrit un scénario, et j'étais prête à me battre pour qu’il soit réalisé, mais Leos Carax m’a demandé de travailler pour lui, et je ne pouvais pas refuser. Ensuite, j’ai rencontré d’autres formidables cinéastes, mais tout ce temps là, je n’ai jamais envisagé le casting comme étant mon objectif final.

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Pourquoi faire directement un long-métrage ?
J'avais cette idée de film. Je ne voulais pas faire un court-métrage, pas parce que je n'aime pas les courts, mais parce que je n’arrive pas à penser à des histoires dans le format court. Quand on veut faire financer un film, c’est difficile, si on n'a jamais fait de court avant. Mon idée, c'était de faire un film à petit budget, qui me permettrait de réaliser mes désirs et de faire les choses à ma manière assez aisément. Mais même comme ça, ça a été très difficile. Je me suis sentie à l'aise sur le tournage et je n'ai pas rencontré de gros problèmes. J'ai vu tellement de grands cinéastes travailler, et j'ai tellement appris d'eux – et j'ai vu beaucoup de films –, que je me disais que c'était possible, d'apprendre comme ça auprès d'eux, et j’avais raison.

Mais vous avez également eu de la chance, non ? Parce qu'une des choses les plus difficiles, pour réalisateur débutant, c'est d'avoir un beau casting pour le projet.
Je n’ai pas eu à faire cela parce que je ne voulais aucun acteur vraiment connu. Pour l'actrice principale, c’était son premier film. Mais il est vrai que savoir comment choisir ses acteurs, et ensuite savoir les diriger et travailler avec eux sur le plateau, c'est une des choses les plus importantes.

Sauf que quand vous dites que vous avez trouvé un acteur encore inconnu, les gens sont plus susceptibles de le remarquer, compte tenu de votre parcours...
Non. C’est particulier mais en France, il y a comme une règle tacite qui veut que quand on fait son premier film, il faut prendre des acteurs inconnus. Il faut faire des castings de rue, c'est juste comme ça qu'on fait.

Le film parle d’une fille dans un moment de deuil. Qu’est-ce qui vous intéressait dans ce motif ?
Au départ, je voulais filmer une fille marchant dans le Paris d’aujourd’hui, dans les rues. Mais quand j’ai commencé à écrire, il est devenu évident pour moi qu’il fallait qu'il y ait quelque chose de fort dans son personnage. Quand j’écrivais le scénario, je venais moi-même de vivre un deuil. Je voulais vraiment avoir un personnage qui ait cette vision spéciale de ce qui nous entoure. Cette manière de voir les choses, à travers ce prisme, est très dramatique, mais ça donne une certaine force. Filmer une fille à Paris, ça ne veut rien dire. Je voulais créer des images, et je travaille instinctivement, donc dès que je l'ai envisagée comme une personne en deuil, des tas d'images me sont venues, et ça m’a donné des idées pour le son et la lumière.

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(Traduit de l'anglais)

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