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NIFFF 2021

Loïc Valceschini • Directeur artistique ad interim, NIFFF

"Ces dernières années le fantastique est devenu un incubateur très fécond pour la jeune création"

par 

- Le directeur artistique ad interim du festival novateur engagé en faveur du cinéma fantastique décrypte sa 20e édition

Loïc Valceschini  • Directeur artistique ad interim, NIFFF
(© Miguel Bueno)

Cineuropa a eu la chance de discuter avec Loïc Valceschini, directeur artistique ad interim du NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival), de la 20e édition d’un festival novateur engagé en faveur du cinéma fantastique. Loïc Valceschini a obtenu un Mater en histoire et esthétique du cinéma à l’Université de Lausanne, il a ensuite été choisi comme alumni à la Talent Press de la Berlinale et il a travaillé dans le domaine de la distribution et de la programmation cinématographique, notamment à la Cinémathèque suisse et au NIFFF.

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Cineuropa : Pourriez-vous nous présenter la nouvelle édition du NIFFF ?
Loïc Valceschini
 : L’automne dernier on avait décidé de proposer une forme hybride du festival. Cette année aussi on savait qu’on ne pouvait pas imaginer un festival "normal", on a donc choisi de proposer à nouveau le format de l’année passée, en l’utilisant comme un squelette auquel ajouter de la "chaire" physique et puis, en fonction de la situation sanitaire, basculer peut-être vers le présentiel. L’idée était aussi celle de partir sur une version plus allégée. Un festival c’est un peu comme un paquebot, c’est difficile de changer de trajectoire de manière instantanée, on a donc préféré prévoir à l’avance afin de pouvoir s’adapter et changer de trajectoire si nécessaire. Et puis heureusement les mesures sanitaires ont été progressivement levées et on nous a annoncé qu’on pouvait proposer une nouvelle édition "physique" avec une offre riche et très variée, avec un nombre de projections par film qui a été augmentée par rapport à ce qu’on proposait habituellement. On a aussi développé l’offre pour ce qui est du format digital qui regroupe une grande partie de la Compétition internationale, les compétitions de courts métrages ainsi que le focus sur Taiwan (Formosa Fantastica).

Quelles sont les tendances actuelles qui se dessinent dans le domaine du cinéma fantastique, notamment en Europe ?
Ces dernières années le fantastique est devenu un incubateur très fécond pour la jeune création. La Compétition internationale comprend en effet une très grande variété de premiers et seconds films, c’est une très belle manière de rappeler à quel point c’est important pour le NIFFF d’être à l’avant-garde concernant cette relave, de faire attention aux cinéastes émergents et de leur offrir une plateforme pour montrer leurs films. Je pense par exemple à Censor [+lire aussi :
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de Prano Bailey-Bond, un film fascinant qui mélange politique et cinéma de façon super efficace. Le tout accompagné par un final qui nous a laissé atterrés, visuellement très puissant. On retrouve dans d’autres premiers films européens des inquiétudes concernant l’environnement, la nature mais aussi la société et la politique, je pense notamment à The Feast [+lire aussi :
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bande-annonce
fiche film
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, film anglais de Lee Haven Jones qui attaque de façon assez sournoise le capitalisme en proposant une sorte de eco revenge radicale. Ces inquiétudes sont résolument en phase avec l’actualité. Pour ce qui est de l’aspect plus social je pourrais citer Knocking [+lire aussi :
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fiche film
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de la réalisatrice suédoise Frida Kempff qui a eu sa première à Sundance cette année. La réalisatrice s’aventure vraiment dans la psyché de sa protagoniste qui sort d’une lourde expérience personnelle et qui est en plein processus de résilience. Frida Kempff a réussi, à travers un récit et une mise en scène extrêmement subjectifs, à créer à la fois de l’empathie mais aussi un sentiment de communion avec la protagoniste. C’est un film un peu en mode « appel à l’aide », extrêmement touchant.

Ces dernières années, toujours plus de jeunes réalisateurs s’intéressent au genre fantastique. Comment expliquez-vous cet engouement pour un genre trop souvent considéré par le passé comme stigmatisant et pas vraiment cool ?
C’est exactement ça ! C’est quelque chose qu’on veut vraiment signaler et souligner à travers cette vingtième édition en proposant une réflexion un peu rétrospective sur le genre fantastique qui a beaucoup changé dans sa manière d’être produit et distribué mais aussi dans sa façon d’être "consommé" et perçu. Je reste persuadé que même si actuellement c’est un genre qui est très populaire, qu’on retrouve autant dans les n.1 de Netflix, dans les grosses productions américaines que dans les festivals : Cannes, Venise ou Toronto où on ne le cantonne plus dans des sections spécifiques, il y a encore une certaine réticence à le considérer à sa juste valeur. Cela remonte à l’âge d’or du cinéma hollywoodien, aux séries A et séries B, aux genres valorisés et à ceux considérés comme de deuxième catégorie. C’était déjà absurde à l’époque. Mais je suis d’accord avec toi, le cinéma de genre devient ces dernières années plus cool et trendy. A mon avis c’est un genre qui est extrêmement protéiforme et c’est ça aussi qui attire les jeunes cinéastes, ils peuvent vraiment s’emparer de ça pour aborder n’importe quel type de récit. Ils peuvent déformer très facilement une thématique ou un aspect de la société ou même de la réalité qui les entoure. Ils peuvent ainsi se confronter de façon (cinématographiquement) inattendue à l’actualité, à des sujets de société abordés de façon percutante.

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