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Russie

Anna Parmas • Réalisatrice de Another Woman

“Les Russes sont généralement assez difficiles à faire rire ou à surprendre "

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- Entretien avec la réalisatrice russe Anna Parmas, qui présente sa comédie romantique Another Woman dans le cadre du Festival du film russe en cours ce mois-ci sur la plateforme Filmin

Anna Parmas  • Réalisatrice de Another Woman

Anna Parmas a une carrière de scénariste de réalisatrice, à la télévision et au cinéma. Son nouveau long-métrage, la comédie Another Woman [+lire aussi :
interview : Anna Parmas
fiche film
]
, traite de la complexité des relations avec beaucoup d’humour. Elle détaille pour nous différents aspects de cette comédie, visionnable sur Filmin dans le cadre du Festival du film russe (lire l'article).

Cineuropa : Comment se porte actuellement la comédie russe ?
Anna Parmas : Ce serait mieux de laisser le public et les producteurs répondre à cette question. Si vous voulez mon humble avis, je crois que le genre de la comédie est en train de prendre de l’ampleur dans notre pays : la vie est en train de nous jeter à la face des tas d’histoires, qui feraient surtout des comédies sombres. Cela dit, sur tous les films qui sortent, il y a très peu de films appartenant à ce genre. Je pense que le public a très envie d’humour. C’est pour cela qu'à chaque fois qu’il y a une nouvelle comédie qui sort, elle devient généralement un succès commercial.

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Selon vous, qu’est-ce qui distingue les comédies russes de celles des autres pays ?
Les Russes sont généralement assez difficiles à faire rire ou à surprendre. Ils ont tendance à être assez tendus, comme s'ils suspectaient qu’on allait les tromper, et effectivement, faire des films est bel et bien une sorte d’hypnose par laquelle on trompe. Donc il s'agit vraiment de trouver le bon équilibre entre la fidélité au réel et l’absurde, de manière à ce que le film puisse être à la fois drôle et reconnaissable, parce que le type d’humour qui se pratique en Russie est ce que nous appelons "le rire à travers les larmes".

L’actrice principale de votre film est prodigieuse, avec un grand talent comique. Comment l’avez-vous choisie pour ce rôle ? L'aviez-vous écrit avec cette actrice en tête ?
Nous n’avons pas fait d'auditions pour ce rôle. Le scénario a été écrit spécialement pour Anna Mikhalkova, pour la raison que vous venez de mentionner dans votre question : c’est une actrice remarquable avec un formidable sens de l’humour. Elle a vraiment un don pour faire passer l’humour qu’il y a dans le scénario.

Les rôles traditionnels sont renversés, dans votre film : la femme est celle qui se donne à fond dans son travail, laissant le mari s’occuper des enfants. C’est quelque chose qu’on voit peu au cinéma… Est-ce que cet élément a fait peur à certains producteurs ?
Il n’est pas commun de voir une telle famille à l’écran, mais assez commun de les rencontrer dans la vraie vie. C’est pour cela que nous voulions bousculer un petit peu les gens, et leur faire voir les choses telles qu'elles sont vraiment. À cet égard, nous avons vraiment eu de la chance que les producteurs soit totalement en phase avec nous.

Est-ce que votre personnage central est une anti-héroïne moderne : impulsive, aimant boire, maladroite…?
Je ne trouve pas ces traits négatifs, je pense qu’ils sont juste humains. Ce ne sont pas des traits qui font d'elle quelqu'un d'"anti", ils font d'elle un être humain. Et c’est ce qui fait que le public a de l’empathie pour elle. C'est du moins comme ça que je le vois...

Mon gag préféré, parmi les nombreux gag du film, est celui de la femme qui pratique la magie noire. Quelle était votre idée en l'imaginant ?
Nous essayions d’éviter de simplement écrire des blagues. Nous voulions que l'effet comique soit fondé sur la situation, sa singularité et sa stupidité. Dans ce sens, mon moment favori est celui où Masha (le personnage principal) pleure sur les genoux de sa patiente, tout en faisant un examen gynécologique.

Comment le public et la critique ont-il accueilli le film chez vous ? A-t-il été vu dans d'autres pays, et si oui, quelle a été la réaction du public là-bas ?
Le public l'a très bien accueilli ; pour les critiques, c'est une autre affaire, plus compliquée, parce qu'ils se sont vraiment divisés en deux catégories distinctes : les fans et ceux qui détestent. Je suppose que ça signifie que nous sommes vraiment parvenus à mettre sur le tapis un sujet important.

Quelles sont vos maîtres en cinéma et les références filmiques vers lesquelles vous revenez régulièrement dans votre travail ?  
Mon mentor principal et mon inspiration est la réalisatrice et scénariste Avdotia Smirnova. C’est elle qui m’a aidée, énormément même, en me donnant des conseils et en m'accordant un soutien considérable. Tout ce que je suis parvenue à faire jusqu’ici, je le lui dois. Et les choses que je n’ai pas encore accomplies, c'est à moi que je le dois.

Avez-vous un nouveau projet en vue ? S'agira-t-il d'une comédie ou d'un film d'un autre genre ?
Oui, j’ai une petite idée de ce que sera mon prochain film, et il est fort probable qu'il s'agira de nouveau d'une comédie. Et de nouveau, très vraisemblablement, ce sera l'histoire d'une femme qui essaie de se trouver, mais cette fois, en pleine taïga sibérienne.

Le Festival du film russe a-t-il un rôle important pour la promotion des productions et talents russes sur les marchés du reste du monde ?
Je pense que toute promotion, quelle qu'elle soit, des talents russes à l’étranger est une chose formidable !

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