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CINEMED 2020

Christophe Leparc • Directeur, Cinemed

"Une vraie volonté que le festival puisse avoir lieu"

par 

- Rencontre avec Christophe Leparc, directeur du Festival Cinéma Méditerranéen de Montpellier, dont la 42e édition se déroulera du 16 au 24 octobre

Christophe Leparc • Directeur, Cinemed

Pilote depuis six ans du Cinemed, le Festival Cinéma Méditerranéen de Montpellier, Christophe Leparc (par ailleurs secrétaire général de la Quinzaine des Réalisateurs depuis 2008) évoque la 42e édition (lire l’article) qui débute aujourd'hui au prix d’une adaptation de dernière minute au couvre-feu ordonné par le gouvernement français.

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Cineuropa : Cette édition du Cinemed est assez particulière dans le contexte de la crise sanitaire. Avez-vous douté de pouvoir l’organiser dans sa version physique ?
Christophe Leparc
 : Cela a d’abord été une réflexion philosophique au cœur du confinement : à quoi sert-on et quelles sont nos missions en tant que manifestation culturelle alors que certains par exemple avaient pris de nouvelles habitudes de consommation avec les plateformes ? Très rapidement, la réponse a été que nous avons tous besoin de culture à partager, et qu’en tant que festival de cinéma, bien entendu dans la mesure où les conditions le permettraient, il fallait qu’on ait lieu physiquement, qu’on propose les films au public et surtout, car c’est notre mission, montrer tous les films des cinéastes méditerranéens qui ont été produits, des films qui ne seraient pas vus si nous n’étions pas là.

Ensuite, la question pragmatique était : pouvons-nous avoir lieu ? Et à partir du moment où nous sommes fortement identifiés aux salles de cinéma, si les salles de cinéma peuvent fonctionner, nous avons toujours considéré qu’on pouvait aussi le faire avec les contraintes qui sont celles des salles de cinéma. Nous avons donc progressé dans une adaptation aux mesures sanitaires qui ont été prises, notamment pour les jauges, mais aussi pour le couvre-feu décidé avant-hier. Nous avons travaillé main dans la main avec la ville de Montpellier et la préfecture pour arriver à un protocole acceptable : il y avait une vraie volonté que le festival puisse avoir lieu et nos invités nous ont apporté leur soutien puisqu’ils ont confirmé hier leur venue en connaissance de cause.

Le contexte a-t-il aussi influencé votre sélection de films ?
Avec le couvre-feu à 21h00, nous avons réajusté hier, en une seule journée, toute la grille de la programmation, en réussissant à préserver les films, en diminuant simplement le nombre de séances de certains et en annulant quelques événements annexes. L’adaptation a aussi été de prévoir que les inter-séances devaient être plus longues, à la fois pour désinfecter les salles et en termes de circulation pour qu’il y ait le moins de files d’attente possible à l’entrée des salles. Cela nous fait donc moins de séances en tout, mais en termes de sélection, les films étaient là. Pour les compétitions des longs métrages de fiction, des documentaires et des courts métrages, nous avons reçu quasiment autant de candidatures que d’habitude. Nous n’avons pas ressenti de baisse des propositions, bien au contraire : il y a une soif de nous montrer les films. Les films qui auraient dû être à Cannes, à Locarno, etc., et qui ont reporté à 2021, cela joue à la marge. La sélection a donc été assez classique dans la lignée de notre fonctionnement habituel au coup de cœur. Mais comme nous avons moins de séances, nous avons plutôt réduit la voilure du côté des hommages et des rétrospectives. Mais d’un autre côté, il y a une offre qualitative très intéressante pour le public puisque nous avons présentons notamment une intégrale Fellini avec d’excellentes copies restaurées.

Vous avez également choisi de maintenir les Cinemed Meetings, le volet professionnel du festival.
Nous avons tout fait pour maintenir les bourses d’aide au développement. L’important était qu’un maximum de porteurs de projets puisse venir physiquement et ce sera le cas, mais quand ce n’est possible nous organisons une visio-conférence avec le jury qui sera présent physiquement à Montpellier. Nous avons aussi remarqué que beaucoup de professionnels voulaient venir car ils en ont assez des Zoom, des plateformes et des rendez-vous virtuels. Car si les gens y sont à l’heure, c’est quand même autre chose de les rencontrer physiquement. Par ailleurs, plus globalement, notre position est essentielle pour que le dialogue continue à se nouer entre les porteurs de projets et auteurs de la rive sud de la Méditerranée et des producteurs potentiels de la rive nord de la Méditerranée. C’est cela le cercle vertueux des coproductions. Par exemple pendant longtemps, il y avait un fond d’aide assez important au Maroc et les films se faisaient assez facilement, sans avoir à remettre sur le tapis leurs scénarios initiaux. Or je pense que le regard d’un producteur européen, le dialogue avec l’auteur, ne peut être que bénéfique pour l’avancée et la progression artistique du projet. Favoriser ainsi les coproductions, à travers notre bourse d’aide au développement et comme le fait ensuite le CNC au niveau de la production avec l’Aide aux Cinémas du Monde, donne des résultats très intéressants en termes qualitatifs.

Kaouther Ben Hania qui ouvre ce Cinemed avec L’Homme qui a vendu sa peau [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Kaouther Ben Hania
fiche film
]
est-elle un bon exemple de ces alliances méditerranéennes ?
Oui, car c’est une auteur que nous suivons depuis longtemps et qui est très audacieuse. Elle va sur des terrains où on ne l’attend pas du tout. C’est vraiment une réalisatrice à suivre et donc à accompagner.

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