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ANNECY 2020

Henri Magalon • Producteur de Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

"L’histoire d’une fille dans un monde d’hommes"

par 

- Henri Magalon, le pilote de la société française Maybe Movies, parle de Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé, en compétition à Annecy

Henri Magalon • Producteur de Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary [+lire aussi :
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de Rémi Chayé est en lice dans la compétition L’officielle du Festival international du film d’animation d’Annecy (du 15 au 30 juin). Vendu par Indie Sales, le long métrage sera distribué en France par Gebeka Films le 14 octobre. Henri Magalon qui a produit le film avec Claire Lacombe pour Maybe Movies revient sur la genèse du projet. A noter que Maybe Movies est également présent aux Pitchs Mifa de Annecy Online avec Saba d’Alexis Ducord et Benjamin Massoubre (news).

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Cineuropa : Qu’est ce qui vous a décidé à produire Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary ?
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 avec Rémi Chayé et son équipe avait été géniale et avant même que le film fasse une belle petite carrière, nous voulions retravailler ensemble. Très rapidement, Rémi m’a parlé de cette histoire vraie de Martha Jane Cannary qui est devenue Calamity Jane plus tard. Cela le fascinait et il recherche aussi souvent d’instinct des personnages féminins très forts, assez différents de ceux qu’on voyait avant dans les films. A part la bande dessinée de Lucky Luke, je ne connaissais pas grand-chose du personnage Calamity Jane. A travers beaucoup de lectures, de biographies et autres, les trois scénaristes se sont rendus compte qu’elle avait littéralement inventé sa propre légende de son vivant : elle ne tenait pas en place, elle a vécu beaucoup d’histoires incroyables à des endroits différents, elle vivait quasiment de spectacles de stand-up en étant payée pour raconter ses aventures dont les trois quarts étaient évidemment romancées. De son vivant, des journalistes et des écrivains ont inventé des histoires complètement fictionnées de Calamity Jane. Cependant, nous ne voulions pas faire un biopic, mais parler de son enfance dont il existe très peu de traces historiques avérées. Il y en a néanmoins quelques unes et nous nous sommes fixés entre deux dates où il y avait des marques : avant qu’elle ne parte de l’Est américain pour aller vers l’Ouest avec sa famille et quand elle a ensuite commencé à faire parler d’elle. Entre les deux, nous avons inventé avec toute la liberté que son personnage donnait, avec l’état d’esprit de ne pas se faire enfermer dans ce que la vie de l’époque réservait aux filles.

Quelle est la cible du film ?
Ce que j’ai toujours admiré, ce sont les films résolument pour enfants avec des valeurs saines, mais que ce ne soit pas un sacrifice pour les parents qui les accompagnent, qu’il n’y ait pas forcément un second niveau de lecture, mais une certaine maturité sur ce qu’on leur dit. Il ne faut pas non plus croire que les enfants ne comprennent pas tout car c’est un public d’une exigence ultime. Calamity est un film tout public, un western avec ses grands espaces et l’histoire d’une fille dans un monde d’hommes. Comme son père est un peu alité à cause d’un accident avec le chariot, elle doit prendre les choses en mains, les chevaux, la famille, et quand on lui dit ensuite de revenir à sa place de la fille, elle refuse car elle veut la même liberté que les garçons tout en étant une fille. C’est une thématique universelle qui plaira à tous, y compris aux parents avec la dimension un peu plus moderne et sociétale de la chose.

Quels étaient les principaux axes de travail sur le plan du visuel ?
Rémi a travaillé un peu à tous les postes avant de devenir réalisateur : illustrateur, storyboarder, assistant-réal, chef d’équipe dans les différents départements. Sur Tout en haut du monde [+lire aussi :
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fiche film
]
, il était arrivé d’une manière assez forte sur un pipeline, un modèle de fabrication, très basé sur Flash qui est un outil vectoriel permettant de zoomer sur  les personnages sans perdre en qualité d’image. Nous en avons tiré beaucoup d’enseignements et avec le Studio 2 Minutes, nous avons continué dans cette voie sur Calamity en poussant l’expérience encore plus loin et en rajoutant beaucoup plus de 3D avec la volonté que cela ne se voit pas dans une cohérence visuelle globale. Cette 3D a servi de base pour que les animateurs 2D ne soient pas obligés de refaire tous les dessins des chariots, des chevaux, des boeufs, etc., pour mieux se concentrer sur les dessins nécessaires à l’émotion, à la fragilité du trait 2D. Cela donne une jolie combinaison et le film est beaucoup plus ambitieux en termes de volume puisqu’il y a énormément de personnages, de lieux très différents, de convois qui sont toujours en mouvement.

Comment s’est déroulé le financement ?
Tout en haut du monde était une carte de visite magnifique, mais avait tellement marqué les esprits dans l’industrie de l’animation avec une vraie patte Rémi Chayé, que les attentes étaient très élevées. Pour un premier film, il y a une sorte de prise de risques, tout le monde mise un peu, mais sur le deuxième, on n’a pas le droit de se louper si l’on veut transformer l’essai. Donc nous avons vraiment fait les choses dans l’ordre en prenant soin de consolider chaque étape avant de passer à la suivante : l’écriture du scénario, le storyboard, l’animatique, l’animation. Nous avons d’abord vérifié si nous étions considérés comme légitimes dans notre intention de nous emparer d’une légende de l’Ouest américain alors que nous sommes Français et Européens. Nous avons eu des retours très positifs et nous sommes allés au Cartoon Movie d’abord en Concept, puis un an plus tard en Développement mais juste avec un pilote car nous voulions encore peaufiner le scénario, ce qui était un risque car nous avions déjà fait monter les attentes. Nous avons préféré prendre quatre mois supplémentaires et amener à Annecy un scénario. Ensuite tout est allé très vite et nous avons bouclé le financement en six mois. Je suis un grand défenseur des scénaristes car tout tient autour de ça : ensuite la production est beaucoup plus efficace car les animateurs peuvent se concentrer sur la qualité sans se disperser à lutter contre des faiblesses de scénario.

Avez-vous accepté facilement de mettre le film en compétition à Annecy Online ?
Annecy a toujours été présent à toutes les étapes de nos films : pitch Work In Progress, premières. Nous sommes très frustrés de ne pas être au bord du lac pour une projection, mais nous n’avons pas beaucoup hésité à participer à la compétition. Nous avons autorisé le jury à voir le film en ligne même si ce ne sont évidemment pas les conditions idéales et que ce serait bien mieux de le voir en salles. En revanche, nous avons refusé qu’il soit accessible aux accrédités à cause des risques de piratage. Nous avons donc concocté une sorte de promo reel d’une quinzaine de minutes avec des images inédites du film, du making of, des interviews.

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