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CANNES 2019 Marché du Film

Agathe Valentin, Laure Parleani, Bérénice Vincent • Vendeuses, Totem Films

"Un moment de changement où il est justement primordial de se réinventer"

par 

- Agathe Valentin, Laure Parleani et Bérénice Vincent évoquent le premier line-up cannois de la société de ventes internationales Totem Films et leur vision du marché

Agathe Valentin, Laure Parleani, Bérénice Vincent • Vendeuses, Totem Films
(De gauche à droite) Agathe Valentin, Laure Parleani et Bérénice Vincent

"Nous parlons d’une seule voix". A quelques jours du Marché du Film du 72e Festival de Cannes (du 14 au 25 mai), rencontre avec Agathe Valentin, Laure Parleani et Bérénice Vincent qui ont développé une solide expertise dans plusieurs structures bien connues des professionnels (notamment Les Films du Losange, Pyramide, Celluloid Dreams, Wild Bunch, Les Films Pelléas) avant de s’unir aux manettes de la nouvelle et ambitieuse société française de ventes internationales Totem Films.

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Les Arcs November Internal

Cineuropa : Comment définiriez-vous la ligne éditoriale de Totems Films ? Quels types de films souhaitez-vous représenter ?
Totem est né d'un désir d'aller vers de nouveaux regards et des films qui touchent un public en demande de narration, d'histoires à partager, illustrées par la vision d'un (ou d’une) cinéaste. Nous n'avons pas un type de films défini, nous ne voulons nous mettre aucune limite en termes de genre ou de territoires, nous fonctionnons aux coups de cœur de notre trio.

Votre premier line-up cannois compte deux longs en vitrine dans les sections parallèles : Et puis nous danserons [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Levan Akin
fiche film
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de Levan
Akin à la Quinzaine des Réalisateurs et Cendre noire [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
de Sofia Quirós Ubeda en compétition à la Semaine de la Critique. Comment avez-vous découvert ces films et pourquoi avoir décidé de vous en occuper ?

Et puis nous danserons a été présenté aux WIP des Arcs et nous avions tout de suite accroché à cette histoire, qui mélange tradition et  modernité dans un pays peu représenté au cinéma. Le film de Levan est d'une grande énergie tout en ayant une belle fluidité de mise en scène. Nous suivions Cendre noire depuis le dernier court métrage de Sofia, qui était un "prequel" du long. Le film traite avec une grande délicatesse de la vieillesse, de la croyance. Nous souhaitons bien sûr suivre Levan et Sofia au-delà de ces films, dans une volonté d'accompagnement des auteurs.

Quels sont les autres titres de votre line-up ?
Nous allons présenter le nouveau film de Juho Kuosmanen, qui avait gagné Un Certain Regard avec Olli Mäki [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Juho Kuosmanen
fiche film
]
en 2016 et s'était vendu dans plus de 40 territoires. Compartment No 6 nous embarque dans un voyage à bord du Transsibérien avec deux personnages que tout oppose. Moneyboys de C.B. Yi se tournera fin mai et nous parle des différents visages de la Chine contemporaine. Kiss Me Before It Blows Up est la prochaine comédie romantique de Shirel Peleg, jeune réalisatrice israélienne qui vit désormais à Berlin, dont le ton "sharp" et moderne nous a séduit. Enfin, nous présenterons aussi le film d'animation de Michaela Pavlatova, My Sunny Maad, l'adaptation de Freshta de Petra Prochazkova, qui raconte l'histoire d'une jeune femme tchèque qui, par amour, suit un homme afghan à Kaboul.

Quelle est votre analyse de la conjoncture du marché mondial pour les films d'auteurs ? Qu'attendent aujourd'hui les distributeurs ?
Les distributeurs sont de plus en plus précautionneux, les sorties salles étant de plus en plus dures à négocier avec les exploitants. Ils cherchent des films à sujet fort avec un marketing identifiable. Le marché mondial s'est concentré. Les plateformes sont une force de frappe, d'un point de vue financier et marketing, et les distributeurs doivent être très rapides à se positionner pour ne pas perdre un titre convoité. Du côté des vendeurs, il faut savoir s'adapter au cas par cas selon chaque titre et dialoguer avec tous.

Quelle est votre position justement par rapport aux plateformes ?
Les plateformes sont des acteurs incontournables aujourd'hui et nous parlons avec elles régulièrement. Leur lien avec une nouvelle génération de cinéphiles est incontournable. Concernant nos collaborations, c'est une discussion que nous prendrons film par film.

Le secteur des ventes internationales est très concurrentiel, en particulier en France. Dans ce contexte, qu'est-ce qui distingue Totem Films et quelles sont vos ambitions de développement ?
Le secteur est très concurrentiel, mais c'est un moment de changement où il est justement primordial de se réinventer. Totem est l'association de trois expériences et trois regards, qui de facto nous différencient dans nos choix éditoriaux et notre manière de travailler. Nous souhaitons représenter environ dix films par an en mixant les genres et les nationalités, et travailler avec des personnes aussi passionnées que nous !

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