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Stefan Ruzowitzky • Réalisateur

"Une histoire, c'est une question d'authenticité, de créer quelque chose d'unique qui ait du sens"

par 

- Dans le cadre du marché chinois Bridging the Dragon, rencontre avec Stefan Ruzowitzky, le réalisateur des Faussaires, Oscar 2008 du meilleur film en langue étrangère

Stefan Ruzowitzky  • Réalisateur

Le scénariste et réalisateur autrichien Stefan Ruzowitzky a fait des études de théâtre, médias, cinéma et histoire avant de commencer sa carrière comme réalisateur de clips musicaux pour des groupes célèbres et de publicités qui ont gagné de nombreux prix. En 2000, il a réalisé le film Anatomy, qui est devenu le plus gros titre de l'année au box-office allemand. En 2008, Les Faussaires [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
 lui a valu l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Nous l'avons rencontré dans le cadre du 4e Project Lab sino-européen, un événement organisé par l'association de producteurs Bridging the Dragon à Pékin, du 11 au 14 novembre, où Ruzowitzky a été le tuteur de plusieurs projets chinois. 

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C'est la première fois que vous participez à un événement sino-européen. Que pensez-vous des projets chinois dont vous avez été le tuteur ?
Stefan Ruzowitzky :
 J'ai été très surpris de constater que les projets chinois se rattachent aux mêmes genres et aux mêmes perspectives que ce qu'on trouve dans nos pays : il y a des films expérimentaux, des titres grand public, des films pamphlets qui se rapportent au réalisme social. Je n'ai jamais eu l'impression d'être dans un monde complètement différent. Les histoires sont différentes, mais l'approche est semblable. 

D'après ce que vous avez vu au Project Lab, quels sont les challenges principaux inhérents aux collaborations sino-européennes ?
Les coproductions entre différents pays posent toujours le même problème : l'histoire risque de perdre de son authenticité si on ajoute des éléments supplémentaires destinés à convaincre le public de l'autre pays. Une histoire, c'est une question d'authenticité, de créer quelque chose d'unique qui ait du sens. Investir toute son énergie dans l'idée de bien fonctionner sur les deux marchés peut conduire à n'en satisfaire aucun des deux. Je sais par expérience qu'il faut se concentrer sur la volonté de faire un film fort, sans trop penser à faire plaisir aux deux publics. Paradoxalement, en procédant de cette manière, le film a plus de chance de réussir partout en tant qu'oeuvre d'art.

Vous venez de finir le tournage d'une adaptation de Narcisse et Goldmund de Herman Hesse [lire l'article].  Est-ce que les distributeurs présents au Project Lab ont manifesté de la curiosité par rapport à ce film ? Avez-vous eu l'impression que ce genre de contenu avec de fortes racines européennes peut trouver son public ici ? 
Oui. Les grandes idées philosophiques qui sous-tendent un classique de la littérature comme Narcisse et Goldmund sont universelles. Ici, Hesse parle de faire des choix et de trouver sa place dans la vie, d'amitié, d'amour et d'art. Il n'y a pas de raison pour que le public chinois ne s'y rapporte pas.

Après cette expérience, est-ce que vous vous verriez participer à une production avec la Chine ?
Oui. J'ai toujours aimé les challenges !

(Traduit de l'anglais)

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