email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

ZURICH 2018

Marcus H. Rosenmüller • Réalisateur

"C'est quelque chose de plus vaste qu'un simple film footballistique"

par 

- Nous avons interrrogé le réalisateur-scénariste allemand Marcus H. Rosenmüller pour parler du film dramatique Trautmann, sur la vie du célèbre gardien de but de Manchester

Marcus H. Rosenmüller  • Réalisateur
(© Zurich Film Festival)

Le nouveau film du scénariste et réalisateur allemand Marcus H. Rosenmüller, Trautmann [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Marcus H. Rosenmüller
fiche film
]
, relate l’histoire du gardien de but de Manchester City Bert Trautmann, célèbre pour avoir joué la finale de la FA Cup 1956 au stade de Wembley avec le cou cassé. Après l’avant-première du film parmi les Premières Gala du Festival de Zurich, Rosenmüller a expliqué à Cineuropa pourquoi ce projet est bien plus qu’un film de foot : un titre qui parle aussi de démocratie, d’amitié et de réconciliation. 

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Cineuropa : Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir faire un film sur Bert Trautmann ?
Marcus H. Rosenmüller : Tout d’abord, je me suis pris de curiosité pour lui quand j’ai entendu des histoires sur un prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale qui a été accueilli en héros à Manchester et dans tout le pays. Je n’avais jamais entendu parler de lui, donc j’ai commencé à me poser des questions. Ensuite, j’ai lu une biographie que m’a montrée le producteur Robert Marciniak, et je me suis dit : ʺD’accord, il y a plein d’aspects dont on peut se servir pour faire plus qu’un film sur le football ; cela parlera de politique, de société et de tous ces grands thèmesʺ.

Vous avez rencontré Trautmann avant sa mort en 2013. Comment la rencontre s'est-elle passée ?
Trautmann avait encore toute sa tête et sa répartie, et il était enthousiaste, surtout quand il s'est rendu compte qu’on ne voulait pas faire un film sur son cou cassé pendant la finale – car c'est la chose dont tout le monde n’arrêtait pas de lui parler. Il a très vite compris qu’on voulait faire un film sur beaucoup d’autres choses, notamment le fait qu’il est un symbole de réconciliation et que c’est le tout premier Allemand en Grande-Bretagne qui a changé la manière dont les Anglais percevaient son peuple, car soudain, il est devenu leur camarade. Il était très ouvert et nous a parlé de ses peurs, comme cette anecdote alors qu’il effectuait son service en Ukraine : il a vu des gens se faire tirer dessus, et il s'était trouvé incapable de dire quoi que ce soit pour faire cesser le feu, par manque de courage, car il avait peur de se faire tirer dessus à son tour. Il m’a parlé de ce dilemme qui continuait à le hanter. 

Qu’est-ce qui, dans sa personnalité, lui a donné la capacité d’accomplir tout cela ?
Le fait qu’il était de la classe prolétaire l’a aidé, car il se mettait au même niveau que les gens qu’il rencontrait. C’était un footballeur et il savait qu’il devait jouer en équipe, et ce qui nous a vraiment surpris, c’est que même à 82 ans, c’était toujours une force de la nature. Sa mort nous a vraiment choqués. J’étais sûr qu’il vivrait centenaire car il était plein de vie. Il avait une fondation et faisait des discours pour raconter sa vie, puisqu’il s’est rendu compte que cela aidait les gens. 

Il est mort il y a maintenant quelques années, et la production du film a pris pas mal de temps…
Oui. D’un côté, cela tient à la lenteur de mon travail sur la structure du film, mais c'est aussi à cause du financement. Je ne suis connu que dans une région particulière de l’Allemagne, au sud, en Bavière, et sans noms connus dans notre équipe, on a dû convaincre les investisseurs par notre histoire mais petit à petit, on les a trouvés. On avait aussi notre producteur Chris Curling, en Angleterre : il a été d’une grande aide pour boucler le financement. On a eu des partenaires qui sont restés à nos côtés depuis le début, et par ailleurs notre acteur principal, David Kross, est resté avec nous pendant cinq ans, alors qu’on lui disait tout le temps qu’on devait reporter le tournage parce qu’on n’avait pas encore réuni tout le budget en entier mais que promis, ce serait l’année suivante… Tout du long, il a dit : ʺJe suis avec vous, et vous pouvez utiliser mon nomʺ. S’il avait quitté le projet, ç'aurait été une grosse déconvenue.

(Traduit de l'anglais par Florian Etcheverry)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Lire aussi