email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Cannes 2021

Dossier industrie: Parité, diversité et inclusion

Les professionnels explorent les questions de la liberté et de la diversité de la création à Cannes

par 

CANNES 2021 : Le débat "Liberté et diversité de la création : un enjeu dès l’écriture" organisé par le CNC a permis d’entendre l’avis de différents acteurs de la chaîne de création

Les professionnels explorent les questions de la liberté et de la diversité de la création à Cannes
Un moment du débat

Le CNC organisait ce lundi 12 juillet 2021 une table ronde en marge du 74e Festival de Cannes autour de la question suivante : comment faire émerger les talents dont l'industrie a plus que jamais besoin ? Dans un contexte d'arrivée de nouveaux acteurs parmi les financeurs du cinéma français, à savoir les plateformes (Netflix et Amazon Prime Vidéo notamment), et dont la contribution à la création est désormais encadrée par la directive SMA (leur imposant d'investir 20% de leur chiffre d'affaires réalisé en France dans la création audiovisuelle) ; il est notamment primordial que les nouvelles œuvres financées par ce mécanisme "tiennent le choc de la qualité artistique" prévient Olivier Henrard, directeur général délégué du CNC. Comment dès lors donner une chance à tous les types de projets, indépendamment de leur genre, de leur auteur ou de leur producteur, afin de "participer au renouvellement de la création et son rayonnement ?" interroge Olivier Henrard, pour lancer la table ronde.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Magali Valente, directrice du cinéma du CNC et modératrice du débat, rappelle que cet enjeu est au cœur de l'action du CNC, par le biais notamment d’aides de soutien aux auteurs telles que l'avance sur recettes ou l’aide au scénario (à l'écriture comme à la réécriture). La commission d’aide au scénario a été dirigée ces deux dernières années par Laure Adler, présente autour de la table, et qui se réjouit d'avoir "traversé une aventure collective magistrale", au contact d'un "réservoir d'imaginaires". L'ensemble des projets soumis à la commission représentent « le pouls de la société", bien qu'ils présentent des niveaux de qualité disparates, faisant douter la désormais ex-présidente de la commission sur la pertinence de faciliter encore davantage le dépôt de dossiers de demande de soutien. Le philosophe et auteur Ollivier Pourriol, ancien membre de cette commission, préfère retenir le "processus d’élaboration collective" et les désaccords constructifs animant les débats entre les membres de la commission.

Présente dans le panel, la scénariste Sabrina Karine (co-scénariste de Les innocentes [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
réalisé par Anne Fontaine) interpelle quant à elle le CNC sur le manque de pertinence parfois observé des retours envoyés aux auteurs non soutenus, ainsi que sur un possible formatage et un manque d'ouverture de la commission à l'égard de projets que l’on qualifie parfois dans le milieu de projets "non fait pour le CNC". À cela, Jean-Christophe Reymond, producteur de Titane [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Julia Ducournau, Vincent L…
fiche film
]
de Julia Ducournau (Kazak Productions) rétorque qu'il s'accommode de la sensibilité propre à chaque guichet d'aide. Le réalisateur d'Alice et le maire [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Nicolas Pariser
fiche film
]
, Nicolas Pariser, relève tout de même qu'il y a "quelque chose de l'ordre de l’aléatoire" dans l'attribution des aides (son film ayant reçu l'aide au scénario après avoir essuyé un premier refus, dès le premier tour de sélection, sur la base d'un dossier "quasiment identique"). Nicolas Pariser déplore en outre un biais lié au profil des auteurs : un bagage académique réputé exigeant tend à "rassurer les membres de la commission". Dès lors, "comment éviter le formatage et récupérer des projets intéressants qui ne sont pas produit par des intellectuels" demande-t-il ?

Les panélistes se sont également penchés sur la question des films dit "de genre", auxquels le CNC dédie une commission d'aide spécifique depuis 2018. Une catégorisation des œuvres qui n’enchante guère Jean-Christophe Reymond, ni même Nicolas Pariser pour qui "il n’y a pas de films de genre, il y a avant tout des films et des auteurs". Sabrina Karine rejette également cette catégorisation contre-nature, chaque spectateur devant être libre d’interpréter le genre dominant de chaque œuvre selon son ressenti.

Enfin, les participants de la table ronde ont exploré quelques initiatives favorisant le développement de jeunes auteurs. Ollivier Pourriol a ainsi présenté les méthodes expérimentales du Groupe Ouest, un programme d'accompagnement et d'accélération des projets de films, fondé sur le partage et l'interaction collective entre plusieurs jeunes auteurs, en l'absence de producteurs lors des sessions de travail. De façon similaire, Sabrina Karine, ancienne participante du Groupe Ouest, intervient désormais à la Cité des scénaristes, un programme de mentorat destiné à intégrer de jeunes scénaristes au milieu, par un système de parrainage de la part de professionnels confirmés. Ces initiatives permettent une "diversification des viviers" comme le souligne Magali Valente, modératrice de l'échange. Enfin, Nicolas Pariser vante les mérites de la collaboration entre auteurs et producteurs : "Le producteur n'est plus seulement un homme ou une femme d'argent, mais c’est quelqu'un qui a une compréhension du cinéma et dont la place dans l'écriture du scénario est importante."

Cet échange a donc permis au CNC d’entendre quelques critiques émises par différents acteurs de la chaîne de création tout en réaffirmant sa mission de soutien à la diversité des talents et des points de vue, par le biais de ses mécanismes de financement des auteurs.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy