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Industrie / Marché - France

Dossier industrie: Produire - Coproduire...

340 longs métrages produits par la France en 2021

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Gros rebond de rattrapage l’an dernier pour la production hexagonale, mais la relance totale nécessitera une normalisation de la fréquentation et une bonne santé des distributeurs indépendants

340 longs métrages produits par la France en 2021
La Directrice du cinéma au CNC, Magali Valente (© CNC)

Après une année 2020 de résistance aux premiers impacts violents de la pandémie amortis par un ensemble de mesures des pouvoirs publics (notamment le fonds de garantie des tournages pour soutenir l’activité, mais aussi divers mécanismes afin de ne pas ralentir les investissements à venir), l’industrie hexagonale a opéré un spectaculaire rattrapage illustré par le bilan 2021 de la production cinématographique française publié par le CNC et présenté à la presse par la Directrice du cinéma Magali Valente.

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Avec 340 longs métrages agréés, dont 265 films d'initiative française (77 FIF de plus qu’en 2020) et 75 productions minoritaires (26 de plus), la production cinématographique française 2021 a atteint un niveau record (le précédent sommet remontant aux 301 longs agréés en 2019). Néanmoins, en prenant en compte les deux années de crise sanitaire, la moyenne 2020-2021 s’élève à 289 films et reste inférieure aux niveaux de production constatés entre 2017 et 2019.

"Aujourd’hui, il faut assurer la sortie de crise car les soutiens publics exceptionnels vont aller décrescendo" a souligné Magali Valente. "Nous avons limité la casse, mais nous ne savons pas combien de temps la fréquentation va mettre pour retrouver son niveau normal, si elle a structurellement baissé ou si cela va s’amortir dans le temps. Pour l’instant, nous manquons de recul et nous en saurons davantage à l’automne, à la fois pour la fréquentation globale et pour les films de la diversité. En effet, si l’embouteillage de sorties qu’on pouvait craindre n’a pas vraiment eu lieu, l’écart s’est creusé entre les différents types de films et les oeuvres art et essai ont souffert, entraînant une fragilité de certains distributeurs indépendants. C’est un cercle vicieux possible car cela entraîne une aversion à la prise de risque qui ne favorise pas la reprise et qui peut avoir un effet systémique sur la baisse des MG (Minimum Garanti) investis par les distributeurs qu’on commence à constater. Il faut donc maintenant trouver des solutions pour accompagner les distributeurs."

En dépit des difficultés persistantes l’an dernier sur le plan des déplacements des équipes de tournages hors de leurs frontières, 143 coproductions internationales françaises ont été agréées en 2021 (+66,3% par rapport à l’année précédente et +23,3% par rapport à 2019) avec 45 pays étrangers : 68 majoritaires françaises (+31) et 75 minoritaires (+26). Les investissements en la matière se sont élevés à 468,1 M€ (en hausse de 71,1% par rapport à 2020, mais en recul de 8% par rapport à 2019 et très loin des 774,44M€ de 2003) : 225,25 M€ français et 242,85 M€ étrangers.

L’an dernier, les principaux partenaires étrangers du cinéma hexagonal ont été la Belgique (25 FIF et 17 minoritaires), l'Italie (8 FIF et 21 minoritaires), l'Allemagne (13 FIF et 11 minoritaires), le Luxembourg (6 FIF et 6 minoritaires), l’Espagne (2 FIF et 7 minoritaires), la Suisse (6 FIF et 3 minoritaires) et le Portugal (5 FIF et 3 minoritaires).

Du côté du financement, les investissements globaux ont bondi à 1,35 Md€ (+73,5 % par rapport à 2020 et +21,4 % par rapport à 2019) dont 1,12 Md€ dans les films d’initiative française. Conséquence : après quatre années de baisse, le devis moyen des FIF remonte à 4,23 M€. Néanmoins, en excluant les quatre films agréés en 2021 avec un devis supérieur à 30 M€ (Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu à 64,10 M€, Les Trois Mousquetaires : D'Artagnan à 36,08 M€, Les Trois Mousquetaires : Milady à 36,16 M€ et Notre-Dame brûle [+lire aussi :
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fiche film
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à 31,53 M€), le devis moyen s’établit à 3,66 M€. "La baisse du devis moyen est une tendance longue qui s’est amplifiée pendant la crise. Il ne faudrait pas que cela s’accélère trop car on se retrouverait avec un problème de structuration de marché" a précisé Magali Valente. "Cependant, globalement, même si les financements se réduisent progressivement, il n’y a pas de décrochage."

L’analyse de répartition des budgets dévoile surtout une très forte hausse en 2021 des FIF au devis compris entre 1 M€ et 4 M€ à 101 films, un niveau record depuis 1994 et une envolée portée par la tranche des films entre 2M€ et 4 M€. De la même manière, la production de FIF entre 4 et 7 M€ atteint des sommets à 59 films.

Le détail des sources de financement des FIF en 2021 révèle une structure relativement stable hormis une hausse assez nette des financements publics (soutien automatique et sélectifs du CNC, aides régionales) qui ont représenté 10% des devis l’an dernier, soit leur plus forte proportion depuis 2004, dispositifs anti-crise oblige (notamment une doublement des aides sélectives et des surmajorations du soutien automatique pour compenser le manque à gagner en termes d’entrées en salles provoqué par la gestion de la pandémie).Les producteurs couvrent eux-mêmes 37,1 % des budgets, les télévisions assurent 30,1% des devis, et les mandats (distribution salles, exploitation vidéo et ventes internationales) pointent à 15,3 %. Le reste du financement des FIF est assurée par les Sofica (3,2%) et les apports étrangers (4,6%).

Les 349,4 M€ d’investissements 2021 des TV se sont ventilés sur 221 films (196 FIF et 25 minoritaires), un niveau record (131 films l’année précédente, 171 en 2019). Canal+ demeure le pilier du financement du cinéma français avec 151,47 M€ d’investissements (son plus haut niveau d’engagement depuis 2017) pour 169 films dont 153 FIF, mais pour mémoire ses préachats s’élevaient à 194,57 M€ en 2010. En ce qui concerne les autres chaînes payantes, Orange Cinéma Séries a engagé 37,27 M€ d’investissements (pour 38 longs métrages dont 34 FIF) et Ciné+ pointe à 15,38 M€ (pour 168 films dont 152 FIF).

Le financement des chaînes en clair a également rebondi l‘an dernier pour un total de 143,97 M€ et 126 films financés (dont 115 FIF) avec France 2 (38,71 M€ pour 40 titres dont 39 FIF), France 3 (29,51 M€ pour 33 films dont 32 FIF), TF1 (29,43 M€ sur 8 FIF), M6 (28,20 M€ pour 12 FIF) et Arte France (10,65 M€ pour 26 longs métrages dont 17 FIF). Les chaînes gratuites non-historiques de la TNT ont investi pour leur part 7,47 M€ pour 27 FIF préachetés avec notamment 11 films pour W9 et 8 chacun pour C8 et TMC.

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