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Cannes 2021 - Marché du Film

Dossier industrie: Produire - Coproduire...

L'OEA a organisé une conférence pour débattre du glissement de la production de films faits pour les salles vers des titres faits pour d’autres voies de distribution

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CANNES 2021 : Cet événement en ligne, qui s’est tenu pendant le Marché du Film, a exploré les effets du Covid sur la production et la consommation de contenus audiovisuels

L'OEA a organisé une conférence pour débattre du glissement de la production de films faits pour les salles vers des titres faits pour d’autres voies de distribution
Burkhard Althoff (ZDF), Guy Bisson (Ampere Analysis). Neil Peplow (BFI), Gudny Hummelvoll (EPC), Chritisn Bräuer (CICAE), Alejandra Panighi (MediaPro) et Grégoire Polad (ACTE)

À l’occasion du Marché du Film de cette année (6-15 juillet), l’Observatoire européen de l’audiovisuel (EAO) a organisé une conférence en ligne intitulée "Du cinéma au canapé : la COVID accélère-t-elle le redéploiement de la production pour le grand écran vers celle destinée au petit écran ? " La conférence, animée par Guy Bisson, analyste de recherche chez Ampere, s’est tenue le 13 juillet. Elle s’est articulée autour de deux questions clés : la pandémie a-t-elle été le facteur déclencheur ou un simple accélérateur d’une transition déjà amorcée du grand écran vers le petit écran ? Et quel impact cette transition du cinéma vers le canapé a-t-elle eu sur la production de films et de séries ?

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Après le discours d’ouverture de la directrice générale de l’Observatoire, Suzanne Nikoltchev, et de M. Bisson, la parole a été donnée à Gilles Fontaine, en charge du département des informations sur les marchés de l’Observatoire. Ce dernier a partagé un certain nombre d’informations essentielles sur l’état actuel de la production audiovisuelle en Europe. Il a expliqué qu’avant même l’apparition de la pandémie, la production télévisuelle haut de gamme avait enregistré une hausse de 39 % de 2015 à 2020, alors que la réalisation de téléfilms avait baissé de 31 % et celle de films de fiction en salle avait augmenté de 10 %. Mais comment la COVID a-t-elle accéléré cette tendance ? Malgré l’absence de données complètes en 2020, les chiffres français ont laissé entrevoir que les productions cinématographiques avaient connu une baisse de 21 % (investissements connexes de 30 %), tandis d’autres contenus de fiction avaient diminué de 11 % (investissements connexes de 7 %). Il a ajouté que le budget de certains épisodes de séries "avoisinait voire dépassait le coût moyen d’un long-métrage," et qu’il n’y avait pas encore de chiffres significatifs sur les structures de financement en matière de production de programmes télévisés haut de gamme.

Après l’intervention de M. Fontaine, M. Bisson a lancé le débat sur l’évolution de la production. La présidente du European Producers Club et PDG de Hummelfilm, Gudny Hummelvoll, a affirmé que cette évolution avait été amorcée avant la pandémie, et que les plateformes de streaming étaient déjà à l'origine de l’augmentation de la demande. Hummelvoll, comme beaucoup d’autres, a estimé que le moment était opportun pour entrer sur le marché des séries télévisées haut de gamme. Elle pense que de plus en plus de "producteurs de longs-métrages vont se tourner vers la réalisation de séries télévisées." Neil Peplow, directeur de l'industrie et des affaires internationales du BFI a souligné la tendance encourageante selon laquelle un nombre croissant de spectateurs affirme être prêts à retourner au cinéma (de 46 à 73 %), qui demeure "une source principale de divertissement," ainsi que les récents résultats prometteurs du box-office britannique.

Le directeur général de l'Association des télévisions commerciales européennes, Grégoire Polad, a insisté sur le niveau élevé de transformation, d'expérimentation et de dynamisme observé récemment dans le secteur. Alejandra Panighi, de MediaPro, a ajouté qu'il était toutefois "franchement risqué et quelque peu fatigant" d'essayer d'expérimenter, et que de nombreux producteurs empruntaient donc encore des "voies confortables". Christian Bräuer, président de la CICAE et d'AG Kino, est plutôt optimiste quant à l'avenir du secteur. Il a cependant déclaré que, si les volumes de production avaient été au cœur des discussions du secteur ces dernières années, il était maintenant souhaitable de s'intéresser à la qualité, de veiller davantage aux budgets et de se demander qui regarde réellement (ou non) tel ou tel contenu et pourquoi.

Par la suite, Hummelvoll a évoqué une charte des bonnes pratiques publiée par le European Producers Club, pendant que Mme Panighi a expliqué que l’une des principales difficultés était de conserver les "droits de propriété intellectuelle" et "que certains survivaient encore avec des droits créés vingt ans auparavant." Burkhard Althoff, directeur de Das Kleine Fernsehspiel à la ZDF a ajouté que désormais les talents circulaient davantage entre les pays et les genres, passant du cinéma d’auteurs au cinéma grand public, ou inversement. Il a également précisé que la législation allemande permettait aux plateformes de streaming d’acquérir des films coproduits par les diffuseurs publics pendant la période d'exploitation en salles. C’est un défi conséquent pour les diffuseurs publics, ce qui rend la coproduction moins intéressante pour eux. Avec la législation actuelle, les plateformes de streaming peuvent "exploiter" les films avant les diffuseurs.

Dans un message vidéo enregistré, le directeur du service d’information juridique de l’EAO a abordé la question du type de contenu à soutenir. La réponse semble être "tous", dans la mesure où la politique européenne repose sur la "promotion de la culture" et sur la "valorisation de la diversité culturelle. " C’est la raison pour laquelle le volet MEDIA du programme Creative Europe soutient des films, des contenus immersifs et des jeux vidéo, alors que les organismes nationaux tendent encore à distinguer ces formats et donc à appliquer des règles et des obligations différentes. Une autre discussion sur la politique a clôturé l’événement.

L’intégralité de la conférence est disponible (en anglais) ici :

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(Traduit de l'anglais par Karine Breysse)

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