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"La coproduction peut constituer une plus-value artistique aussi bien que financière"

Dossier industrie: Produire - Coproduire...

Jeanne Brunfaut • Directrice, Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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Une rencontre pour discuter les 17es Rencontres de Coproduction Francophone et ce qui représente la coproduction pour les différents territoires qui ont participé

Jeanne Brunfaut  • Directrice, Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Rencontre avec Jeanne Brunfaut, Directrice du Centre du Cinéma et de l’audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui revient pour nous sur les 17es Rencontres de Coproduction Francophone organisées à Bruxelles du 10 au 12 novembre, en partenariat avec le CNC français, la SODEC, Telefilm Canada, le Film Fund Luxembourg et l’Office fédéral de la Culture suisse.

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Cineuropa : En quelques mots, en quoi consistent les Rencontres de coproduction francophone ?
Jeanne Brunfaut :
Elles étaient organisées à l’origine dans le cadre de la Semaine du cinéma québécois à Paris. Quand celle-ci a disparu, les partenaires francophones ont décidé de perpétuer cette initiative, en se mettant d’accord pour les accueillir tour à tour.

L’idée est d’organiser des rencontres autour de projets concrets pour que la coproduction se fasse le plus en amont possible. On s’est rendu compte que les coproductions qui se font en fin de parcours sont logiquement plus opportunistes, et beaucoup moins intéressantes pour nous. Plus on s’y prend tôt, plus l’implication des pays coproducteurs est grande aussi bien au niveau artistique (scénario, etc.) que productionnel, notamment concernant le montage financier.

Quelle sont les chiffres de cette 17e édition ?
On est vraiment très satisfaits d’avoir pu accueillir près de 280 accrédités. On a sélectionné 22 projets parmi les 100 projets soumis. On s’aperçoit qu’il y a une vraie attente des professionnels, une envie de se retrouver, de pouvoir partager à nouveau leur expérience.

Que représente la coproduction pour les différents territoires francophones représentés dans ces Rencontres ?
La Belgique a une longue histoire avec la coproduction, même si on a encouragé récemment certaines productions à se tourner vers des modèles de financement 100% belges, soit pour éviter l’épuisement lié à la recherche de partenaires étrangers, parfois aussi car certains projets sont tout aussi faisables uniquement avec des fonds belges. Mais il est clair que les coproductions, aussi bien en Belgique que sur les autres territoires, sont une source d’enrichissement non seulement au niveau budgétaire, mais aussi au niveau artistique.

Quels sont les plus grands enjeux aujourd’hui pour les producteurs et productrices francophones, que ce soient des menaces ou des opportunités ?
Je pense que les problèmes se situent surtout au niveau de la distribution pour le moment. Sortir un film en salle devient extrêmement compliqué, il y a un vrai embouteillage, et rester à l’affiche plus de deux semaines relève de l’exploit pour certains films. Et on n’a pas vraiment de solution face à ça, on ne peut imposer ni quotas de films, ni durée de programmation en salle. En termes de production, c’est toujours le même défi, à savoir réussir à goupiller les règles des différents guichets (types de dépenses, calendrier).  Quant aux opportunités, je dirais surtout qu’il faut arrêter de croire que Netflix va tout coproduire…

Est-ce que justement, entre fonds, vous discutez des nouveaux formats de production et de diffusion ?
Concernant les formats, les nouveaux accords de coproduction tiennent compte des séries par exemple, ce qui fait une vraie différence, la télévision est désormais couverte, et ça fonctionne. Quant au rapport avec les plateformes, c’est un gros dossier. On s’interroge sur comment travailler avec elles sans financer à leur place. Le risque, c’est de financer avec de l’argent public des oeuvres privées sur lesquelles nous n’aurons aucun droit, ni nous ni nos producteurs. L’idée, c’est bien sûr de fonctionner avec les plateformes, par contre elles, on discute avec elles, et dans l’ensemble ça ne se passe pas trop mal, même si la question de l’obligation d’investissement diffère d’un pays à l’autre.

Vous avez choisi comme thématique transversale la diversité pour ces RCF, pouvez-vous nous dire un mot sur ce choix ?
C’est évidemment un sujet qui préoccupe tous les fonds. Depuis quelques années, nous menons une réflexion sur ces questions chaque année à l’occasion de notre bilan. Cela fait trois ans qu’une professeure de l’Université Catholique de Louvain (Sarah Sépulchre) analyse pour nous les films belges sortis dans l’année sous le prisme de la diversité, d’abord hommes/ femmes, puis de diversité tout court. Ces chiffres nous ont fait prendre conscience que nous n’étions pas au niveau. On fait un beau cinéma, qui circule notamment en festival, mais qui n’est pas forcément représentatif de la société belge. Et qui a des difficultés à rencontrer des publics qui ne se reconnaissent pas dans le cinéma que l’on fait. L’idée n’est pas de faire un cinéma qui coche toutes les cases de la diversité, mais bien d’avoir une offre suffisamment diversifiée pour pouvoir toucher des publics plus larges. On a mis en place au Centre du Cinéma un Plan diversité, on verra dans 5 ans si et comment les choses ont évolué, et on s’est dit que c’était certainement une thématique qui toucherait tous les producteurs francophones, et tous les territoires. Le constat de base étant qu’il est difficile de faire un cinéma représentatif des diversités si les gens qui le font ne représentent pas ces diversités. On a donc décidé de s’intéresser à la situation en amont, dans les écoles, et en aval, à la télévision…

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