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Léon Perhaia • Dupuis Audiovisuel

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This article is available in French.

Copyright Cartoon, the European Association of Animation Film, Cartoon Master Barcelona, Spain, June 2006

Léon Perahia est directeur de l'audiovisuel de Dupuis, Président de Dargaud Distribution, et directeur de Ancillary Rights Media Group.

Quel est l’univers de Kid Paddle ?
Kid Paddle (série de 52 x 13’) est l’adaptation d’une bande dessinée qui a connu un très vif succès ces dernières années. L’univers a été crée il y a une dizaine d’années. Un succès rapide et consistent au niveau de DB découle sur un succès sur d’autres médias. Kid Paddle et ses amis sont des fans de jeux vidéos et films d’horreur.

(The article continues below - Commercial information)
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Quels ont été les choix de Dupuis pour le financement de la série Kid Paddle ?
Nous avons réfléchi à la manière de développer et synchroniser les différentes activités de cet univers. Etant donnée la grande « prise » multimédia de cet univers, nous avons décidé de produire une première série de 52x1 minute en Flash basée sur les gags de la DB. D’une part pour amplifier la communauté Internet qui était en train de naître, mais également pour exposer l’univers Kid Paddle et d’avoir le temps de créer la série TV. Nous avons proposé la série Flash à Canal J qui a diffusé les épisodes à l’antenne par modules de trois.
Nous sommes arrivés à la conclusion que le modèle idéal pour le financement de la série serait une coproduction entre la France, la Belgique et le Canada.

Quel a été l’apport du groupe Dupuis dans le financement de la série ?
Dupuis Audiovisuel est la société de production qui fait partie d’un groupe qui exploite de manière intégré et verticalement la quasi-totalité des métiers de l’audiovisuel. Il y a plusieurs sociétés de production au sein de ce groupe, notamment Ellipse Anim, Dargaud Marina et d’autres. Nous avons au sein de ce groupe la capacité d’exploiter la distribution internationale et les droits vidéos de nos programmes, nous avons une société qui s’occupe d’édition vidéo au sein du groupe et des équipes qui se chargent de tous ceux qui est droits d’exploitation et droits dérivés.
Cette structure influence les choix de nos productions. Dupuis Audiovisuel s’est spécialisé dans l’adaptation d’œuvres littéraires (surtout des bandes dessinées). La première chose que nous faisons pour décider de produire une série, c’est d’identifier au sein de nos catalogues de bandes dessinées quels sont les œuvres qui connaissent un succès important et qui ont un potentiel pour le futur en termes de BD.
Un autre aspect qui est pris en considération est le potentiel qu’a l’univers à être exploité sous forme de droits dérivés.
Une fois que nous avons identifié l’œuvre, nous procédons avec une note d’intention et nous nous mettons à la recherche de partenaires (TV ou producteurs).

Quels sont les types de partenaires que vous cherchez ?
Nous cherchons plutôt les partenaires qui sont complémentaires à ceux que nous faisons. En premier lieu nous cherchons des diffuseurs. En deuxième lieu nous cherchons des partenaires étrangers qui ont un potentiel élevé de vente sur leur territoire. Les sous traitants sont de plus en plus des partenaires qui investissent dans le projet. Un des aspects importants c’est d’obtenir de pré ventes qui n’obèrent pas les droits que nous avons dans le projet et qui permettent d’assurer le financement de la production.

Quels sont les avantages de la coproduction ?
La coproduction nous amène à faire un certain nombre de compromis. Au même temps le partage de savoir faire et l’association avec des coproducteurs peut avoir un impact bénéfique sur le projet, surtout en termes d’internationalisation.
La coproduction enclenche l’apport d’argent frais et des programmes de subsides dans les territoires des partenaires, voir de l’investissement en fonds propres.
Il y a un certain nombre de territoires sur lesquels le fait de coproduire enclenche des sommes significativement plus importantes que celles que nous pourrions obtenir en vendant le programme. Par exemple si le programme obtient la nationalité canadienne, les diffuseurs canadiens seront prêts à investir une somme d’argent beaucoup plus importante.

Quels sont les désavantages de la coproduction ?
Un désavantage immédiat est le surcoût. A titre de comparaison, nous avons produit la série Kid Paddle en coproduction et la série Cédric seuls. Le constat que nous faisons est un surcoût de €400.000 à €500.000 dus à la coproduction : voyages, double postes, réunions, traductions… Les surcoûts sont dus également à l’allongement du planning de production, aux problèmes de communication ou à cause des concessions que chacun doit faire pour tenir compte des spécificités culturelles de son pays et de son diffuseur.

Le fait de partager des travaux parfois engendre la perte d’avantages sur son propre territoire (par exemple l’accès au crédit d’impôt en France).

Comment avez-vous opéré dans le cas de Kid Paddle ?
Dans le cas de Kid Paddle, les avantages de l’apport du partenaire canadien dépassaient largement les inconvénients. Le partenaire canadien nous a ouvert les portes du continent nord américain. Les sommes investies par la chaîne canadienne sont importantes et ont permis de déclancher des subsides au Canada.
Par contre nous avons du renoncer au crédit d’impôt en France et nous avons dû nous tourner vers le tax shelter en Belgique.
Les partenaires impliqués dans la série sont le suivants :

France : Dupuis est le producteur délégué, M6 est le diffuseur. Canal J et Soficanim sont les coproducteurs.
Canada. Coproducteur : Spectra Animation. Diffuseur : Teletoon.
Belgique. Coproducteur : Araneo Belgium.

Comment avez-vous partagé le travail avec les autres partenaires ?
L’accord entre la France et le Canada implique une intervention créative de la part des deux partenaires. Nous avons donc développé la série ensemble et partagé l’écriture. Le partenaire canadien a traduit les scénarios en anglais. Le design a été développé chez Dupuis, le storyboard a été divisé en 3 territoires.
Lorsque un partenaire est spécialisé ou équipé pour un certain type de travail, nous lui avons confié la tâche. Autrement nous réalisons les épisodes de manière verticale, avec deux réalisateurs, un en France et l’autre au Canada.

Tasks Canada France Asia Belgium Rights X Scripts X X Translation X Design X Storyboard X X X Layout X X-scheets X Lipsync X Model pack X Backgrounds X X Animation X Painting X Compositing/shooting X Music X French version X English version X Post-production X Mixing (international and French) X Mixing (English) X Mastering X TOTAL 6.400.000 1.430.411 3.340.830 1.441.759 187.000

Quel a été le budget de la série ?
Il s’agit d’une deuxième série, donc la partie développement est plus modeste. On retrouve le poids d’une double, voir triple production (producteur délégué, équipe de production).

Quel a été la politique de financement ?
Etant filiale d’une maison d’édition, nous avons conscience de l’importance des droits. La politique de Dupuis est une politique de création de catalogue et constitution d’une valeur patrimoniale. Nous cherchons de garder un maximum de droits, ce qui a comme conséquences des investissements propres importants.
Habituellement, quand nous adaptons des œuvres de notre catalogue, il n’y a pas de valeur d’acquisition de droits. Il y a par contre une rémunération importante en termes de part de recettes nettes pour l’acquisition des droits de l’œuvre d’origine (environs 10%).
Le producteur investit beaucoup pour garder une part importante de recettes nettes. Dupuis se réserve un certain nombre de territoires (France, Benelux). Notre structure de distribution internationale complète le financement par un minimum garanti qui nous permet de garder les droits de distribution internationale sur le monde entier, sauf certains territoires de coproduction. Nos structures de gestion des droits dérivés agissent de la même manière. A l’intérieur du groupe nous procédons à une globalisation du minimum garanti et à une cross collétarisation de la récupération. Vis-à-vis des partenaires nous souhaitons récupérer la totalité des minima garantis, que ça soit sur la télé ou sur les droits dérivés. Même si l’un n’est pas atteint et que l’autre est dépassé, nous travaillons de manière globale.

Est-ce que vous acceptez de coproduire avec vos fournisseurs ?
Nous acceptons que les sous-traitants asiatiques soient coproducteurs. Les avantages sont que de cette manière nous arrivons à boucler le gap financing plus rapidement. On peut supposer que la coproduction amène le partenaire à être plus motivé. En dernier lieu le partenaire pourra travailler de manière beaucoup plus efficace que Dupuis sur son propre territoire pour la vente de la série (notamment pour les produits dérivés et l’ouverture de ces marchés à la vente des éditions de nos bandes dessinées).
Le désavantage est qu’il n’y a plus la même relation client / fournisseur qui permet de « taper sur la table » si le travail n’est pas bien fait.

Quelle serait la structure de financement idéale pour la production d’une série ?
Dans une coproduction France, Canada, Belgique, le schéma idéal pour un groupe comme Dupuis serait le suivant :

Diffuseur français 15% - 20%
CNC 10% - 15%
Dupuis (inclus Sofica) 25% - 35%
TV Canada 5% - 10%
Subsides Canada 10% - 15%
Sous-traitants Asie 5% - 10%
Tax shelter Belgique 10% - 15%

Quel est l’accord pour le licensing ?
L’éditeur acquiert tous les droits de l’auteur. Le producteur qui achète les droits d’adaptation a donc également les droits licensing pour l’exploitation des droits dérivés de la série.

En ce qui concerne Kid Paddle nous avons programmé l’activité licensing très en avance. A partir du moment où l’on sait que la série va être produite, environs 18 mois avant qu’elle soit finie nous commençons à travailler sur le Programme de licence. Nous préparons un traitement graphique spécifique destiné aux produits de licence. Nous commençons à prospecter un certain nombre de licenciés (chaussures, jouets…). L’objectif des licenciés est d’être sur le marché 6 mois après le début de la diffusion de la série. Douze mois avant la diffusion de la série nous contactons les licenciés « promotion », ceux qui veulent promouvoir leur produit grâce à Kid Paddle.

Comment avez-vous géré le marketing de la série ?
Nous avons mené un marketing croisé sur plusieurs supports. L’audiovisuel nous a renvoyé vers l’édition. Nous avions décidé de produire la série après la cinquième année d’édition. Après le lancement de la série nous avons organisé l’édition des nouveaux albums de manière synchronisée au lancement des séries TV.
A la sortie de chaque album nous mettons en place une campagne de communication et de promotion très importante, notamment via le marketing viral. Il y a un vrai phénomène d’entraînement sur la vente des albums BD, grâce à la caisse d résonance de la série. Par ailleurs la sortie de la DB permet d’avoir une visibilité dans les supermarchés et sur la presse enfant.
Nous avons également lancé une activité de vidéo à la demande, d’une part en France par le regroupement d’un certain nombre de producteurs d’animation au sein d’une entité qui s’appelle Zoolookid.
La consommation de VOD sur PC est plus importante que sur TV. C’est surtout les enfants qui ont un ordinateur dans leur chambre et veulent consommer les programmes sans subir le choix des parents.

Quels sont les avantages d’une structuré intégrée ?

  • contrôle total sur le catalogue
  • Un contact direct avec le marché
  • Un réseau de ventes capillaire même dans les petits pays
  • Une remonté de recettes à partir du premier euro, il n’y a pas de MG a donner à d’autres distributeurs
  • Un contrôle des ventes, des coûts et des états financiers
  • Une coordination entre les différentes branches commerciales pour le lancement d’un produit
  • La possibilité de synchroniser la diffusion, le licensing et l’édition...

Quels sont les désavantages d’une structuré intégrée ?
Il existe un risque financier lié aux Minima Garantis. Dans les structures intégrées il faut des revenus importants pour amortir les investissements. Il faut un catalogue diversifié pour pourvoir être compétitifs à niveau international, ce qui comporte des coûts fixes importants et des dépenses promotionnelles très lourdes.

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